Pour son premier film "Au nom de la terre", Édouard Bergeon s'inspire de sa vie de famille, en particulier celle de son père, exploitant agricole incarné par Guillaume Canet, à travers laquelle il traduit la situation difficile du monde agricole. Un drame poignant qui a déstabilisé "Le Masque et la Plume"...

"Au nom de la terre" : Guillaume Canet
"Au nom de la terre" : Guillaume Canet © Nord Ouest Films

Le film présenté par Jérôme Garcin 

Guillaume Canet tient le rôle d’un jeune agriculteur, Pierre Jarjeau, fraîchement débarqué des Etats-Unis, qui hérite au début des années 1980 de la ferme que son père, Rufus, dirigeait d’une main de fer. Pour payer ses dettes, Pierre se met à l’élevage intensif de poulets, se ruine un peu plus et finit par tomber dans la dépression. Au générique de fin, apparaissent les photos du père du réalisateur, un agriculteur dont la fin fut tragique, et on comprend mieux ce qui a inspiré ce film. 

Pour Charlotte Lipinska, "c'est un petit film modeste mais louable dans le fond"

"Cela fait du bien que le cinéma français s'empare d'un sujet très douloureux. On l'a déjà fait mais en comédie avec Roxane, Normandie nue, mais là on est sur du drame familial, social et très terre à terre, c'est louable, c'est très émouvant mais est-ce pour autant que cela fait un grand film, je ne le pense pas... 

Je trouve le film extrêmement didactique, pas très inspiré en terme de mise en scène, c'est même assez tartignole quand on entend Barbara qui chante Dis, comment reviendras-tu ? quand il est hospitalisé... 

On est un peu pris en otage par la véracité du récit avec les images du père du réalisateur, cela reste un petit film modeste et maladroit mais important et louable dans le fond et Guillaume Canet est plutôt bien et convaincant". 

Nicolas Schaller trouve le film "dérangeant" 

"On n'a pas envie d'être méchant, vue l'histoire du réalisateur mais en même temps on n'a pas envie non plus d'être gentil... Car ce n'est pas un cinéaste, il aplatit tout, rend tout un petit peu indigent et tout dérangeant, je ne savais pas du tout que c'était son histoire et quand je découvre cela à la fin, je suis très embarrassé. 

Même si les acteurs sont plutôt bons, je suis désemparé face à l'écriture qui est très terre à terre"... 

S'il salue l'importance d'un film sur la paysannerie, Michel Ciment regrette qu'elle ne soit pas filmée au meilleur

"Le film est un peu un chantage volontaire de la part du metteur en scène mais on est embarrassé de lui en parler. 

Je retiendrai d'abord que c'est un nouveau film sur la paysannerie, les paysans étaient absents du cinéma français pendant très longtemps. C'est un problème social capital aujourd'hui même si le film ne les représente pas au meilleur

Guillaume Canet vieillit très bien, mais c'est un film tout à fait moyen tout de même"... 

"Au nom de la terre" : Guillaume Canet
"Au nom de la terre" : Guillaume Canet / Nord Ouest Films

Éric Neuhoff a beaucoup aimé 

"C'est "grand paysan" comme film. La première séquence où on voit Guillaume Canet chauve avec la photo de sa mère sous le bras en train d'arpenter un champ qui vient d'être labouré, perdu au fin fond de la campagne, est émouvante. 

Voilà enfin un film où on voit des gens travailler, on voit ce que c'est que d'élever des poulets. Rufus est épatant. 

C'est simple académique, sobre...

C'est un film sur la honte paysanne avec un homme qui a des dettes, qui n'ose plus regarder sa famille en face, devient violent et dépressif, cela m'a pas mal touché. 

J'aime bien quand il y a la chanson de Barbara. À vous entendre, il y a un suicide de paysan tous les jours mais à vous entendre, il devrait y avoir un suicide de critique de cinéma. 

Ce qui m'a gêné, c'est la calvitie en plastique de Guillaume Canet". 

"Au nom de la terre" : Guillaume Canet
"Au nom de la terre" : Guillaume Canet / Nord Ouest Films

Guillaume Canet et Édouard Bergeon, invités de la matinale

Le film

► Sortie en salles le 25 septembre 2019

🎧 Écoutez l'ensemble des critiques échangées à propos de ce film sur le plateau du Masque et la Plume :

6 min

"Au nom de la terre", d’Edouard Bergeon : les critiques du Masque et la Plume

Par Jérôme Garcin

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