Un mail rageur après l’émission d’aujourd’hui où nous recevions Jean Dujardin et le réalisateur Michel Hazavanicius pour le retour d’OSS 117 sur les écrans mercredi prochain : l’internaute en colère se demande si France Inter a des intérêts dans ce film et si nous comptons inviter prochainement Gad Elmaleh dans le même ordre d'idée. Ma réponse est claire : il ne sert à rien de mélanger les torchons et les serviettes. Quoi qu’on puisse en penser par ailleurs (et j’y reviendrai), les nouvelles aventures du crétin sidéral qu’est Hubert Bonnisseur de la Bathe, alias OSS 117, sont plus rigolotes que celles de Coco le décérébré parvenu bling bling. Dans « OSS 117 », on pratique le second degré avec un art plus ou moins réussi mais clairement revendiqué. Rien de tel dans « Coco » qui finalement s’avère être le meilleur étalon de mesure de la médiocrité cinématographique. Tant qu’on n’est pas au niveau de « Coco », on ne touche pas le fond. Voilà pour l’instrument de mesure !Reste le film dont Dujardin est le héros. J’avoue que mon enthousiasme est moindre qu’une bonne partie de celui de mes petits camarades. C’est drôle, oui, parfois. Mais c’est également terriblement répétitif. À force de dénoncer les clichés du racisme et plus encore de l’antisémitisme, le film finit par tourner en rond, au risque même de générer parfois un certain malaise. Ainsi le principe de l’accumulation des synonymes les plus fleuris pour désigner les Asiatiques peut passer pour un pur exercice de surréalisme littéraire. Sauf que l’exercice de style ne va pas plus loin que le boulevard habituel des injures racistes, dans une sorte de sagesse décevante. On pouvait s’attendre à des délires linguistiques, mais non, le film s’arrête toujours avant. D’où l’impression de malaise qui naît : finalement, on rie (peut-être) d’entendre des personnages dérouler un chapelet de mots racistes sans autre but que celui-là. On est ici à rebours de ce que l’on voit et de ce que l’on entend dans « Gran Torino » de et avec Clint Eastwood, à travers notamment les dialogues entre le héros d’origine polonaise et son coiffeur d’origine italienne, ente le polak et le rital donc. On assiste là à une joute verbale « paritaire » où tous les coups sont permis, mais dans laquelle les deux racismes s’annulent l’un l’autre pour faire naître en définitive un langage commun codé, rôdé et pour tout dire familier. Rien de tel dans « OSS », il faut bien l’avouer.Reste que, cher internaute en colère, mieux vaut un OSS imparfait qu’un Coco décidément irregardable. En guise de conclusion, cette maxime que j’affectionne : « Quand je me vois, je me désole, quand je me compare, je me console. »La phrase du jour ?- J’ t’enverrai un gonze dans la semaine. Un beau brun avec des bacchantes. Grand, l’air con.- Ca court les rues les grands cons.- C’ui-là, c’est un gabarit. Un exceptionnel. Si la connerie se mesurait, il servirait de mètre étalon. Y serait à Sèvres !Extrait du dialogue entre Jean Gabin et Françoise Rosay dans « Le Cave se rebiffe » écrit par Michel Audiard et réalisé par Gilles Grangier

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