Demain dans « On aura tout vu », de 17 à 18 heures, comme chaque vendredi (ceci est un message à caractère promotionnel !), nous recevrons Sarah Léonor, la réalisatrice du film « Au voleur » avec l’un de ses acteurs, Jacques Nolot. Ce premier film sera sur les écrans mercredi prochain et j’ai dit ici même tout le bien que j’en pense. Des images me reviennent régulièrement de la singulière cavale qui réunit le voleur Guillaume Depardieu et la prof Florence Loiret-Caille. C’est bon signe, non ? Oui, assurément. Cela signifie que le film fait son chemin, qu’il poursuit son histoire dans ma mémoire cinéphile, qu’il n’appartient pas au passé. Cinquante salles de cinéma présenteront ce film mercredi prochain. Ce n’est pas rien mais ce n’est pas non plus le rouleau compresseur des « grosses sorties ». Alors, lecteur bénévole, il ne faudra pas trop tarder à aller voir « Au voleur ». Et puis lui assurer un bon « score » le premier jour de sa sortie, quoi de mieux pour lui donner ce temps nécessaire à son installation ? Je déteste la notion de « film fragile », et singulièrement dans le cas présent : le film de Sarah Léonor se tient fort bien debout et droit, il affiche une belle insolence et une vivacité peu commune. A contrario, c’est le système de distribution qui est « fragile » en favorisant la rentabilité immédiate et en déniant à certains films le droit d’asseoir leur carrière en salles dans la durée et non au cours d’une guerre-éclair inappropriée. Pour toutes ces raisons, oui, décidément, il faudrait aller voir « Au voleur » dès mercredi prochain. Pour l’heure, on peut sans risque se précipiter, et en famille, sur « Pierre et le loup » (voir le post d’hier). La plupart des autres films sortis ce mercredi ont curieusement à voir avec le réel sans toujours convaincre de leur capacité cinématographique à faire autre chose qu’une captation de ce même réel sous couvert de la fiction. « L’Affaire Farewell » de Christian Carrion réussit le tour de force de ringardiser une ténébreuse affaire d’espionnage et d’Etat en l’ensevelissant sous des tonnes d’ennui et de grisaille scénaristique. Un comble ! Réalisé par Rachid Bouchareb, « London River » déçoit tout autant avec un portrait du Londres des attentats terroristes de 2005 à travers les destins croisés d’un Noir progressiste et d’une Blanche réac et qui, vous savez quoi, vont finir par se rapprocher, humanité souffrante oblige. C’est carrément raté. « Le Dernier pour la route » de Philippe Godeau n’évite pas plus l’écueil de la tentation documentaire avec le trop sage et trop policé récit d’un retour à la normale. Seul rescapé à mes yeux de cette plongée dans le réel : « Démineurs » de l’Américaine Katherine Bigelow, un film de guerre aux allures de plongée hallucinée dans l’univers glacé et glaçant des démineurs de l’armée américaine en Irak. La force de Bigelow réside dans la puissance d’une construction stylistique proche du documentaire adossée à un regard pénétrant sur la folie ordinaire de ces soldats totalement névrosés. Elle interroge ainsi la guerre comme pourrait le faire un Edward Bond au théâtre, non pas en moraliste donneuse de leçons mais en observatrice shakespearienne de la tragédie humaine au quotidien de la violence.Ah ! ça ira !La phrase de la nuit ?« Supprimer l’ennui de son existence, quelle magnifique économie ! »Henri-Frédéric Amiel, « Journal intime »

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