Parce que c’est demain que sort « Au voleur », le premier film de Sarah Leonor, j’ai envie de vous en parler pour la troisième et dernière fois. Au risque de vous lasser et de vous en détourner ? J’ai la faiblesse de croire que cela ne sera pas le cas. La cinéaste était l’invitée de « On aura tout vu » accompagné par l'un des seconds rôles du film, Jacques Nolot, acteur et cinéaste et figure tutélaire d’un jeune cinéma toujours à la recherche bénéfique d’une généalogie cinématographique. Nolot, c’est un pan entier du cinéma français post-Nouvelle Vague qui oscille sans cesse entre réalisme et sensualisme pour aller vite. Un courant qui irait de Téchiné à Vecchiali en passant par Guiguet, Simon et d’autres encore. Des films qui racontent souvent de superbes histoires d’amour hétérosexuelles ou… non ! Des films souvent à fleur de peau qui font de la recherche du bonheur et de la liberté une ardente obligation.C’est la raison pour laquelle, le film de Sarah Leonor peut s’inscrire dans cette école artistique (qui n’existe pas !) tant son « Au voleur » multiplie les appels vers le grand large. En partant vers une terre inconnue, ses deux personnages principaux (hérauts plutôt que héros) s’offrent une belle tranche de vie à deux, gourmande et impérieuse dans ses élans et sa vitalité. En l’écoutant parler au micro de l’émission des couleurs déployées tout au long de son film, on avait le sentiment d’entendre un peintre parler de sa palette. Discours peu habituel chez un cinéaste alors même que la peinture fait évidemment partie des nombreux « emprunts » du jeune cinématographe aux autres arts anciens. Qu’une cinéaste puisse ainsi parler d’un portail bleu pris comme l’étalon d’une dominante chromatique au sein d’une partie de son film, quoi de plus réjouissant, quoi de plus tonique ? J’ai songé alors à Dominique Cabrera me parlant un jour de ses influences picturales pour le tournage du « Lait de la tendresse humaine » (Bonnard, Matisse, Courbet et quelques autres parrains revendiqués). Pas très radiophonique tout ça ? Il semble au contraire qu’ainsi décrit par Sarah Leonor, l’univers pictural de son film prenait toute sa valeur en étant incarné par des mots donc par un imaginaire. Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« L’ironie en souriant nous rend la vie aimable »Anatole France, « Les Jardins d’Epicure »

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