Vous n'avez aucune, mais alors aucune intention d'aller voir l'ultime épisode de la saga Avengers au cinéma ? Peut-être même vous en moquez-vous éperdument ? Mais en même temps, vous avez envie de donner à tout le monde l'impression que vous avez tout vu, tout compris ? On vous résume tout. Et tout, c'est : TOUT.

Armure d'Iron Man.
Armure d'Iron Man. © Radio France / Olivier Bénis

Attention, ceci n'est pas une blague. Nous allons réellement spoiler tout ce qu'il se passe dans le film "Avengers: Endgame". Tout ce que tout fan de la saga Marvel attend depuis des années. 

C'est le moment de quitter cet article. Vite. Si vous ne souhaitez pas être spoilé, allez plutôt lire notre critique garantie sans spoilers.

Dernier avertissement. On vous laisse quinze secondes, soit le temps de cette vidéo de Goose, le chat (en fait c'est un flerken, mais nous dirons ici que c'est un chat) du film "Captain Marvel". 

Aucun regret ? Si vous êtes là juste pour passer le temps, allez plutôt faire notre quiz pour tester vos connaissances sur Marvel

Si vous êtes resté, tant pis. 

Iron Man, le type aussi prétentieux qu'attachant autour duquel toute la saga s'est constituée depuis dix ans, meurt à la fin du film. Le grand méchant, Thanos, aussi, mais au bout de 20 minutes de film

Voilà. Si vous avez voulu rester coûte que coûte, malgré nos avertissements, vous venez d'être puni. Sinon, nous pouvons continuer : voici tout ce que vous devez savoir sur ce film si vous avez envie de briller en société alors que vous n'avez aucune envie d'aller le voir. Vous allez voir, c'est (presque) facile à comprendre. 

Où en est-on au début du film ?

"Avengers: Endgame", c'est donc le grand final d'une saga qui a un peu plus de dix ans et qui a déployé 21 films avant celui-ci. Si Marvel ne va pas cesser de produire des films (le studio appartient à Disney, vous n'imaginez pas Mickey lâcher un si bon filon), ce cycle-là arrive à son terme. Il est la suite directe de "Avengers: Infinity War", dans lequel tous les super-héros introduits par la saga, s'unissaient pour battre Thanos, un titan à la recherche de pierres surpuissantes (les Pierres d'Infinité) dans un but simple et concis : tuer la moitié de l'univers. 

Et Thanos gagnait.

À la fin de "Infinity War", on avait donc des morts en pagaille, partis en fumés sur un claquement de doigts (littéralement : Thanos n'a eu qu'à claquer des doigts pour déclencher son pouvoir), et des survivants répartis dans deux lieux : sur Titan, satellite de Saturne, Iron Man (Robert Downey Jr.), un type qui n'a aucun super pouvoir mais un gros cerveau, beaucoup d'argent, de l'humour et des armures truffées de gadgets, et Nebula (Karen Gillian), une cyborg chauve aux yeux extrêmement noirs, fille adoptive de Thanos passée du côté des gentils. Et sur Terre, Captain America (Chris Evans), version très américaine et très musclée d'Hibernatus, congelé en 1945 et réveillé 70 ans plus tard, Thor (Chris Hemsworth), dieu nordique qui maîtrise la foudre et aime donner des coups de marteau, Bruce Banner a.k.a. Hulk (Mark Ruffalo, sex-symbol selon une partie de notre rédaction), qui devient tout vert quand il s'énerve, et d'autres héros dont un raton-laveur qui parle. "Endgame" commence là. 

Alors, il s'y passe quoi dans ce film-ci ?

Iron Man et Nebula, dans un vaisseau spatial à la dérive, sont sauvés par une boule de lumière qui s'avère être Captain Marvel (Brie Larson), qui tombe à point nommé puisqu'un film entier qui lui est consacré vient de sortir au cinéma. De retour sur Terre, tous les héros réunis décident de retourner affronter Thanos pour récupérer les pierres d'infinité et botter le cul de ce sac de boue (la version originale dit "son of a bitch", mais nous avons préféré une de nos insultes plus respectueuses). Ils débarquent sur la planète de Thanos, le trouvent tranquille au fond de son jardin, mais celui-ci, considérant que sa tâche (tuer la moitié de l'humanité, vous vous souvenez ?) est effectuée, a détruit les pierres. Thor, quelque peu énervé, décapite Thanos. Nous en sommes à à peu près 20 minutes de film, et Marvel réussit ce tour de force de brouiller à nouveau les pistes : alors que tout le monde attendait que le film soit un long affrontement avec celui-ci, les réalisateurs Anthony et Joe Russo le font mourir dès le début du film. 

Cinq ans plus tard, la Terre est donc toujours en deuil de la moitié de sa population, et les Avengers accomplissent des tâches ennuyeuses comme surveiller des séismes. Comme Captain Marvel a certainement mieux à faire que de se retrouver à faire la circulation, elle s'envole vers d'autres cieux. La Veuve Noire (Scarlett Johanson) mange un sandwich. Cette information n'a aucun intérêt mais c'est l'un des seuls éléments que nous nous sommes permis de spoiler dans la vraie critique du film. Les Avengers ne vengent plus grand chose. Mais c'était sans compter sur le retour d'Ant-Man. 

Faisons simple, car cet article commence à devenir long : Ant-Man (Paul Rudd), c'est un type qui grâce à son costume peut devenir aussi petit qu'une fourmi. Voir plus petit encore. S'il a survécu au claquement de doigts de Thanos (on vous concède qu'hors contexte, cette idée est étrange), c'est qu'il est devenu si petit qu'il a pu entrer dans une dimension quantique. Et qu'il a découvert que l'on pouvait voyager dans le temps grâce à la physique quantique. 

Avec un coup de pouce d'Iron Man qui s'était pourtant retiré, les Avengers construisent une gigantesque machine à voyager dans le temps. Ils ramènent au bercail Clint Barton alias Oeil-de-Faucon (Jeremy Renner), devenu serial killer, Thor, devenu alcoolique, accro au jeu vidéo Fortnite, et apparemment un peu benêt, et Bruce Banner, qui a réussi à dominer Hulk et ressemble donc désormais à lui-même, mais en plus gros et plus vert. 

Passons rapidement sur la chasse aux pierres d'infinité dans le passé : les Avengers repartent dans les précédents films pour chercher lesdites pierres avant que Thanos ne les trouve. Problème : le voyage dans le passé se passe mal pour Nebula. C'est un demi-robot, et son système parasite le réseau de la Nebula du passé, permettant à Thanos du passé de voir tout ce qu'a vu la Nebula du futur. Une fois que Thanos a, en somme, maté les 21 films Marvel, il comprend qu'à la fin il gagne et a donc bien l'intention d'empêcher les super-héros de changer le cours du temps. 

Ça se finit comment ?

Les Avengers rassemblent les pierres d'infinité - et perdent la Veuve Noire au passage - et c'est Hulk, cette fois, qui claque du doigt pour ramener tout le monde à la vie. C'est sans compter sur Thanos du passé qui débarque dans le présent grâce à Nebula du passé qui a pris la place de Nebula du présent (on vous avait dit, c'est facile). 

Le dernier affrontement a donc lieu dans le présent entre les Avengers, rejoints (enfin) par tous ceux qui étaient morts au précédent épisode : Dr Strange (Benedict Cumberbatch), Spider-Man (Tom Holland), Black Panther (Chadwick Boseman), et, évidemment, Groot l'arbuste. C'est l'heure de la grosse bagarre, au cours de laquelle Captain Marvel revient faire coucou pour justifier son cachet. C'est d'ailleurs la grosse déception du film : après le très bon opus qui lui est dédié, on aurait aimé voir plus Captain Marvel aux côtés des Avengers

Et quand Thanos croit avoir enfin récupéré les pierres d'infinité et avoir à nouveau gagné, il se les fait chiper par Iron Man, qui n'a pas dû retenir la leçon "Ne fais pas aux autres ce que tu n'aimes pas qu'on te fasse", et claque des doigts pour anéantir le méchant et son armée. Ce qui a pour effet immédiat : sa mort. 

Iron Man est mort, le casting entier est à ses obsèques, Captain America, qui repart dans le passé pour ramener les gemmes d'infinité à leur place (on n'a pas bien compris pourquoi) reste un peu trop longtemps à convoler avec son amoureuse, et revient sous les traits d'un vieillard. Fin. 

Ah, on a oublié la plus grosse surprise : il n'y a pas de scène après le générique de fin. Ou plutôt si, un simple son ressemblant à un tic-tac ou à un coup de marteau. 

Il faut en penser quoi ?

Loin de nous l'idée d'avoir le dernier mot sur la qualité d'un film. Mais si vous n'allez pas le voir et que vous souhaitez tout de même en parler, voilà ce que vous pouvez en dire. La mort d'Iron Man et la fin de Captain America semblaient inéluctables, les contrats des acteurs auprès de Marvel étant arrivés à expiration. Mais l'une comme l'autre sont bien amenées et suffisamment différentes pour que le spectateur n'ait pas l'impression de voir deux fois la même fin.

Surtout, Marvel sait tenir son spectateur en haleine : la fausse piste s'achevant sur la mort de Thanos au début du film et les rebondissements permanents dans le film rendent le scénario plus complexe, comme le prouve le résumé ci-dessus, mais aussi plus riche et moins prévisible. 

Quant aux scènes d'action, elles tiennent leurs promesses : avec une armée d'une trentaine de super-héros contre une armée de monstres, l'affrontement final ne peut être que spectaculaire. Et l'on retrouve les héros disparus avec un immense plaisir après plus de deux heures de film, que l'on ne voit pas passer. La nostalgie et le divertissement sont habilement maniés, et les étoiles dans les yeux des spectateurs se transforment vite en larmes. 

Bémol de taille (en plus du manque d'interventions de Captain Marvel) : la psychologie des personnages, qui ont tous ou presque eu droit à leur propre film, n'est pas assez creusée. Et même Thanos, dont la profondeur se dévoilait dans "Infinity War", apparaît comme un méchant beaucoup plus terre-à-terre dans ce deuxième acte du final

À la fin du film, il faut un moment pour se faire un avis, mais on ressort globalement aussi conquis par le film que déçu par le fait que ce cycle a atteint son terme. En espérant que les prochaines productions sorties de chez Marvel arrivent à fonder une nouvelle saga aussi puissante. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.