A ma gauche, « Les Noces rebelles ». A ma droite, « Away We Go ». Au milieu, un même réalisateur américain, Sam Mendès. Entre les deux, un océan pour ne pas dire un abîme, infranchissable. On se gardera bien de dire où se situe véritablement Mendès. Du côté du pessimisme radical et flamboyant des « Noces » ? ou bien, à l’opposé donc, du côté du discours baba cool et peace and love de ce nouveau film, « Away We Go ? On pourra toujours dire que le cinéaste se transforme au fil des films en sociologue et en observateur averti des secousses et tremblements des couples américains. Il est vrai que les deux films ne se déroulent pas à la même époque. Alors acceptons l’idée d’un cinéste historien dont on finira cependant par se demander « d’où il parle ». Mais, ceci est une autre histoire assurément. Pour l’heure, penchons-nous sur cette œuvre mineure qu’est « Away We Go ». Mineure si, comme le blogueur, on a eu du mal à se remettre du choc des « Noces rebelles », sur le fond et sur la forme. Cette fois, Mendès nous raconte de façon très pépère un tour d’Amérique à la recherche d’une ville idéale pour fonder un foyer et plus exactement nidifier puisqu’ « elle » est enceinte. S’ensuit une série de rencontres forcément hautes en couleurs, forcément pittoresques et forcément anecdotiques. Où il est notamment question de faire le tour des méthodes pédagogiques en cours. « Away We Go » vire ainsi à la sympathique ( ?) comédie américaine type, avec son lot de rires de bon ton. Tout devient convenu, convenable, couleur layette. Jusqu'à l’image finale qu’on croirait tout droit sortie d’un Epinal de la côte Ouest, insupportable chromo sans risque ni question. Décidément, on est bien loin des secousses telluriques des « Noces ». Ici, la mièvrerie est de rigueur, comme si ce road-movie empruntait les routes balisées du familialement correct. Nul doute que ce film séduira ceux qui rêvent d’un cinéma doudou qui les berce d’illusions amniotiques. Un peu de niaisauderie ne fait pas forcément de mal. Mais beaucoup, comme c’est ici le cas, confine à l’écœurement. Mais, ouf, « Les Noces rebelles » existe en DVD. On peut donc voir ou revoir ce film superbe et dangereux. Quant à « Away We Go » il sera en salles le 4 novembre. Vous savez tout…Ah ! ça ira !La phrase de cette nuit ?« L’attente d’un retour ardemment désiréDonne à tous les instants une longueur extrêmeEt l’absence de ce qu’on aime,Quelque peu qu’elle dure a toujours trop duré. »Molière, « Amphitryon »

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