Une ville imaginaire qui disparaît de la carte, un foyer de résistance où différents leaders guident la communauté, presque un refuge qui réunit les derniers braves du monde…

BACURAU
BACURAU © Paname Ditribution

Dans un futur proche… Le village de Bacurau dans le sertão brésilien fait le deuil de sa matriarche Carmelita qui s’est éteinte à 94 ans. Quelques jours plus tard, les habitants remarquent que Bacurau a disparu de la carte.

Ce que les deux réalisateurs en disent :

  • Kleber Mendonça Filho : 

L’intrigue du film… c’est en fait une histoire classique : la petite communauté qui est menacée par des envahisseurs. L’aspect délicat de cette idée est de rendre cet endroit intéressant et confortable d’une certaine manière, en tant que communauté humaine, isolée et tranquille, mais consciente de ce qu’elle est et de son emplacement. Et si petit qu’il serait facile d’imaginer que quelqu’un pourrait essayer de jouer avec. Il est intriguant de penser à des étrangers ayant le pouvoir de désactiver une région d’un radar, des cartes ou du GPS. C’est une démonstration de puissance, ça arrive probablement tout le temps ...

BACURAU
BACURAU / Paname Ditribution
  • Juliano Dornelles : 

Bacurau c’est la dernière chance de rentrer chez soi. C’est un oiseau aux habitudes nocturnes, qui se camoufle très bien quand il se repose sur une branche d’arbre. C’est un mot court et fort qui m’évoque le mystère de quelque chose qui est là, vivant, dans le noir, mais que personne ne voit. Il ne sera remarqué que s’il a lui-même envie d’apparaître. Le village de Bacurau se porte ainsi, il est intime du noir, il sait se cacher et attendre, et préfère même ne pas être aperçu. On lit clairement sur ce panneau d’autoroute : « si vous y allez, allez en paix ».

BACURAU
BACURAU / Paname Ditribution

Sources : Propos recueillis par Tatiana Monassa pour SBS Productions

Bacurau est parsemé de références, directes ou indirectes, à l’histoire et à la société brésiliennes : la domination culturelle américaine, le Coronélisme, la rivalité entre le nord et le sud, le rapport problématique à la mémoire. Il se présente comme un film de genre ; plusieurs genres semblent être au rendez-vous : la science-fiction, le western, le slasher movie… Pour ne pas mentionner le genre typiquement brésilien du film de cangaço, très lié à l’imaginaire cinématographique du Sertão.

Le Coronélisme était le système politique en cours au Brésil sous la Vieille République (1889-1930), où les pouvoirs locaux étaient dans les mains de puissants propriétaires terriens, dit « colonels », qui dominaient les populations et contrôlaient leur vote. Plus largement, le terme désigne la permanence de relations issues de ce modèle dans la vie socio-économique et politique du Brésil.

Le cangaço a été une forme de banditisme social dans le Nordeste de la fin du XIXe siècle et début du XXe, et a été beaucoup exploré par le cinéma brésilien des années 1950 et 1960.

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BACURAU / Paname Ditribution

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