Non décidément, ce n’est pas un film « sinistre », même si ces « héros » sont des musiciens handicapés qui vivent dans les rues de Kinshasa. Le documentaire qu’ont présenté à l'ouverture de la « Quinzaine des Réalisateurs » Renaud Barret et Florent de la Tullaye retrace le parcours plus que réjouissant d’un orchestre congolais, le « Benda Bilili », soit en français « Au delà des

Quinzaine des réalisateurs
Quinzaine des réalisateurs © Radio France

apparences ». Et c’est effectivement les apparences qu’il nous faut ici traverser : au-delà des handicaps, au delà de la misère, au delà de la maladie, au delà des contraintes de tous ordres, au delà d’un Nord qui reste sourd au Sud. Pas l’ombre d’un misérabilisme dans cette « success story » totalement lucide. On y entend des paroles fortes et prenantes dans la bouche d’enfants déjà adultes ou presque. Comme ce jugement selon lequel Dieu a créé l’Europe pour que l’Afrique ait son opposé en permanence sous les yeux et à portée d’exil… Ici, on bricole des instruments de musique et on écrit des chansons sur l’importance du « carton » celui sur lequel on dort, on fait l’amour, on se réfugie, etc. A force d’acharnement, le groupe vient en Europe et commence une tournée à Belfort très exactement devant un public d’abord clairsemé qui grossit au fil des morceaux endiablés pour finir par une ovation enthousiaste. On voit aisément ce qu’un certain cinéma social britannique notamment aurait pu faire de cette singulière entreprise collective. Cette dimension nous est fort heureusement épargnée. Ici, il est d’abord question de musique de qualité et de musiciens de valeur. Il ne s’agit pas d’un humanitaire musical mais bien d’un groupe dont on a envie d’écouter la musique. Ce documentaire, « BENDA BILILI ! » sera dans les salles à la fin de cette année. Qu’on se le dise !

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