Qu'il s'agisse d'un exploit technique, c'est une évidence. C'est d'ailleurs cet aspect prodigieux du film de David Fincher que les Oscars ont salué (3 récompenses sur 13 nominations pour les effets visuels, la direction artistique et le maquillage). "L'étrange histoire de Benjamin Button" raconte l'aventure d'un homme né vieillard dont la vie consiste à rajeunir, au point de mourir bébé. Entre temps, il aura aimé passionnément une femme connue enfant qui elle, vieillira (Cate Blanchett). Bref, une odyssée à l'envers de notre condition humaine inspirée d'une nouvelle de Fitzgerald. Fincher a patienté durant 7 ans : il fallait que les effets spéciaux soient parfaits. Ils le sont. Le petit corps du vieillard Benjamin n'est pas celui de la star mais une image de synthèse. C'est incroyable. On y croit, sans jamais se poser la question des trucages. Mais hormis cette prouesse, quel ennui ! Rien d'autre à saluer. Fincher n'échappe pas à l'inévitable mélo hollywoodien. Pas d'émotion, un itinéraire attendu. Une vague progression dramatique déja vue mille fois, à coups de flashbacks ("Titanic" a dû inspirer Fincher). Et combien de clichés? Le pauvre Benjamin découvre tardivement qu'il est fils de bourgeois alors il porte des blousons Ralph Lauren et des chinos blancs, la belle danseuse a le culot des artistes alors elle fume des cigarettes et couche facilement, et Paris naturellement est la plus belle ville du monde...Dix euros pour deux heures de cinéma banal avec une fin attendue, vous pouvez sans problème vous l'épargner, aussi beau soit (toujours) Brad Pitt.

Benjamin Button
Benjamin Button © Radio France
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