Cette semaine, j’ai vu un film qui sortira le … 24 septembre prochain. C’est donc forcément du lourd, du sérieux, du préparé, du « marketté » béton. De fait, « Faubourg 36 » est le second film de Christophe Barratier (« Les Choristes », pour mémoire…). Il paraît que Michel Drucker est sorti très ému de la projection. Je tiens cette information pour essentielle puisque je vous la livre. Il est certain que je ne suis pas sorti ému de cette projection. Je tiens cette seconde information pour essentielle puisque etc. Suis-je à ce point insensible ? Oui, oui et oui, je suis resté de marbre face à l’histoire de ce music-hall parisien pour la survie duquel Gérard Jugnot, Clovis Cornillac et Kad Mérad se battent de 1936 à 1945 contre vents et marée, contre spéculateurs et collabos. Ces deux heures pleines de bons sentiments (qui-ne-font-pas-forcément-du-bon-cinéma, rappelons-le) m’ont paru longues et ennuyeuses. A l’exception de deux éléments : les chansons-remakes de Trénet and co écrites par Frank Thomas et Reinhardt Wagner et la première apparition d’une actrice à suivre, Nora Arnezeder. Cette dernière est d’autant plus remarquable qu’il se confirme bien que Christophe Barratier a peu de talent pour inventer des personnages féminins qui tiennent la route. C’était déjà le cas dans « Les Choristes », cela se confirme ici. Mais le film, que l’on nous vend comme l’événement cinématographique de la rentrée, souffre de défauts autrement plus graves que l’on pourrait peut-être regrouper sous le terme de « toc toc » qu’une simple opposition avec le « bling bling » en cours ne saurait dédouaner. Toc le Paris des années 30 et 40 volontairement non identifiable, comme s’il s’agissait de vendre une carte postale. Toc le bistrot parisien qui pour symboliser le changement d’époque affiche un plat au goût du jour : on passe ainsi du Rôti Léon Blum au Gigot de Gaulle (procédé digne de l’Ecole des scénaristes 1ère année). Toc le scénario dans son ensemble avec son air de déjà vu sur la lutte des petits gentils contre les méchants gros. Toc encore et toujours les mêmes rôles donnés de film en film à Jugnot (Français mais le cœur sur la main), Cornillac (l’Astérix des faubourgs) et Mérad (le raté sympathique, merci la culture Canal +). Toc enfin les références affichées par le metteur en scène : on est bien loin des Prévert, Carné, Duvivier et autres dont l’héritage est pourtant revendiqué haut et fort dans le dossier de presse. Bref, ce « Bienvenue chez les Titis » sera omniprésent à la rentrée. Préparez-vous…Le DVD du jour ? une petite merveille de film signé Agnès Varda : « Jacquot de Nantes », soit la vie de Demy le génie. C’est un DVD Ciné Tamaris et je ne touche rien sur les ventes.

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