Mercredi, jour des sorties ! Outre l’intéressant (et premier !) documentaire réalisé par Claude Miller sur une fanfare universitaire pro-Obama durant les derniers mois de la campagne du candidat futur Président, « Marching Band », on notera dans les nouveaux films « Zion et son frère », premier film du réalisateur israélien Eran Merav. Cela devient un refrain connu et presque convenu : les cinémas israélien et palestinien n’en finissent pas de nous donner de « bonnes » nouvelles. Non sur la situation géopolitique qui prévaut dans cette région du monde (et pour cause..), mais sur la capacité des artistes et singulièrement des cinéastes tant israélien que palestinien (sans oublier les « isréalo-palestinens ») à faire naître de beaux films. Refrain connu également : rien de tel que des situations de crise pour stimuler la création. Et de citer la vitalité du cinéma de Saura sous Franco ou celle d’Angelopoulos du temps des colonels grecs, sans oublier l’actuelle émergence d’une jeune cinéma chinois… Une solide dictature vous donne des ailes, tout comme l’occupation de territoires, l’exil. Tout fait sens dans la répression, la censure, l’adversité. Tout pousse à combler le vide qui s’instaurerait inévitablement so on se laissait gagner par le renoncement ou l’acceptation. Donc, ici on filme comme ailleurs on écrit. Et ce qui frappe dans le cas du cinéma israélien puisque c’est de lui dont il s’agit en l’occurrence, c’est son extrême diversité tant sur la forme que sur le fond. Il suffit de songer aux films de Gïtai ou Mograbi pour toucher du doigt cet éclectisme. Eran Merav s’exprime avec bonheur dans une veine presque minimaliste et toujours d’une franchise absolue pour nous conter la vie quotidienne d’uen famille modeste d’Haïfa. Avec en personnages centraux les deux jeunes frères qu’un incident dramatique va rapprocher de façon soudaine et profonde. Et puis on retrouve avec toujours autant de plaisir l’actrice Ronit Elkabetz, ici dans le rôle de la mère de famille et professionnellement figure tutélaire du cinéma de la région capable d’en incarner les drames et les comédies plus ou moins graves. Elle est au centre de ce cinéma par sa capacité précisément à en habiter les différences facettes, à l’instar de son alter ego Hiam Abbass. « Zion et son frère » ne vaut pas seulement pour cette inscription dans le renouveau cinématographique israélo-palestinien. Le film tient tout seul debout, annonçant clairement la naissance d’un auteur. Ce qui est toujours une bonne nouvelle !Ah ! ça ira !La phrase du jour ?«Longtemps je me suis douché de bonne heure."Francis Marmande

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