Et les fêtes au fait ? Je ne peux pas tout faire : aller voir à 22h30 le premier film d’un cinéaste coréen en salle Bazin et courir les invitations aux festivités en tout genre. Et pourtant hier soir…Tout a commencé sur le bateau d’Arte. Oui, la chaîne franco-allemande culturelle loue depuis des années maintenant un confortable yacht dont les trois étages et les ponts en bois permettent d’accueillir de nombreux cinéphiles amateurs de champagne. L’engouement pour ce lieu plutôt chic redoubla l’année où, par le plus grand des hasards, le bateau de « Private » avait accosté juste à côté de celui d’Arte. Pour celles et ceux qui n’ont pas l’info, je précise que « Private » est un très important éditeur de revues et de vidéos pornos. Curieusement, le bateau d’Arte penchait alors d’un seul côté, les soirées de « Private » devenant l’attraction culturelle de la soirée franco-allemande. La chair est faible. Mais là n’est pas le propos, car hier soir, on fêtait à juste titre les 15 ans d’Arte Video, un excellent éditeur de DVD. Se trouvait également là toute la bande de « C’est dur d’être aimé par des cons » le documentaire que le journaliste Daniel Leconte avait présenté (en sélection officielle, hors compétition) le matin même et qui retrace le procès fait à « Charlie Hebdo » par la Mosquée de Paris notamment, à la suite de l’affaire des caricatures de Mahomet. J’ai donc pu voir sur ce fameux bateau, côte à côte et devisant aimablement, les deux avocats opposés durant tout le procès et par conséquent le documentaire : Richard Malka, l’avocat de « Charlie Hebdo » et Maître Szpiner l’avocat de la partie adverse. Image cinématographique ou caricaturale, comme on voudra, par excellence : ils se combattent à l’audience et boivent des coups ensemble à la buvette. Pour le reste, on pourra regretter que Leconte « oublie » de prévenir ses spectateurs qu’il fut un témoin cité par Charlie hebdo lors du procès et que, de ce fait, il est juge et partie, d’où le désagréable sentiment, au moins durant la première heure du doc, de ne voir qu’une « défense et illustration » : comme quoi, on peut défendre une cause juste et oublier quelques règles déontologiques, ce qui, au final… la fout mal !De la seconde fête de cette soirée, celle du film d’Arnaud Desplechin, « Un conte de Noël » (FI, chef d’œuvre, en salle mercredi prochain, qu’on se le dise), je vous rapporte cette petite « pépite ». Comme vous le savez sans doute, c’est pour aller vite, un film sur une famille… Or, hier soir, à quelques minutes d’intervalle, deux amies , l’une blonde (bonjour Maria !), l’autre brune (bonjour Marine !) m’ont raconté à peu près la même situation : la première avait vu le film en compagnie de Marie Desplechin, la sœur d’Arnaud, la seconde avait dîné ensuite avec le frère du même Arnaud. Il en résulte qu’Arnaud est un adepte du « Mentir vrai » cher à Louis Aragon. Tout est totalement vrai dans ce film qui n’est que pure fiction. Le frère comme la sœur ne s’en plaignent pas. Comme leur réalisateur de frère, ils ne portent pas de jugement. Mais, à bien les écouter, on se dit deux choses : les orphelins ne connaissent pas leur bonheur (Merci Jules Renard) et avoir un artiste dans la famille n’est pas forcément de tout repos…Pendant ce temps, il pleut sur la Croisette et j’me la pète en parapluie.

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