C’est le premier « film de genre » de ce cru 2009, et certainement pas le dernier quand on connaît le goût de Thierry Fremaux pour ce… genre de films : « Thirst, ceci est mon sang » du coréen Park Chan-woo, auteur en 2003 du remarqué « Old Boy ». Cette fois, il revient à Cannes avec un film de vampires et la claire volonté de construire/déconstruire cette veine draculesque du cinéma, second degré et bâton de dynamite inclus. A défaut d’être réellement profitable, l’exercice est plaisant parce que mené tambour battant par un cinéaste aux allures de grand enfant émerveillé de pouvoir déverser sur le sol des litres de faux sang et faire apparaître ou disparaître sur le corps de ces héros de repoussants bubons, symptômes d’une mystérieuse maladie laquelle est précisément à l’origine de leur vampirisme frénétique.J’oubliais le vampire initial est un prêtre bientôt défroqué et volontiers fornicateur, mais qui, judéochristianisme à la mode nippone oblige, doute, se repend, boit le sang de ses victimes (uniquement des suicidés pour limiter le… remords) comme à l’eucharistie et finit presque comme un Christ aux outrages. Face à lui, une jeune femme délurée qui après avoir déniaisé le saint homme n’a qu’une idée en tête être vampirisé par lui évidemment. C’est d’ailleurs un peu le problème du film de vampire en 2009. On a l’impression d’avoir déjà tout vu, tout exploré : je t’aime, je te mange, je te bois, tu es moi, je suis toi par le sang mêlé, etc. Alors le cinéaste coréen multiplie les personnages pittoresques au premier rang desquels une belle-mère qui ne comate que d’un œil et connaît son manuel de survie sur le bout des ongles. Il détaille les caractéristiques de chacun, ses deux héros étant à la fois vampires et dotés de super pouvoirs : c’est l’improbable rencontre de Nosfératu et de Superman. Mais tout cela fonctionne assez bien, pourquoi ne pas le dire. Sans excès de gore (sur ce registre je suis assez peu tolérant mais on me dit qu’une jeune femme se serait évanouie durant le projection de ce soir… j’y crois à moitié.. tout le monde en revanche a entendu de sonores ronflements mais ne riez pas à Cannes les journées sont longues et les critiques de cinéma des êtres humais en manque de sommeil dès le deuxième jour !), sans excès d’images choc, avec quelques beaux moments de cinéma sans doute.Mais deux heures pour ça, n’est-ce pas exagéré ? Assurément si. Park Chan-wook n’a pas autant de choses à dire et à montrer d’où parfois l’impression d’un scénario trop délayé aux multiples rebondissements artificiels. Avec « Thirst », le Festival tout en prenant du mordant (pardon…) perd un peu en ampleur et en originalité. Mais demain est déjà là. Dans sept heures exactement commencera la projection de « Bright Star », le nouveau film de Jane Campion (souvenez-vous, « La Leçon de piano »). Il est donc temps d’aller se lover.La phrase de la nuit ?« Je ne bois jamais..de vin »Comte Dracula, alias Bela Lugosi, dans « Dracula »de Tod Browning

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