Bonne année ? Bonne année !Alors que nous diffusions aujourd’hui l’entretien accordé par Isabelle Huppert à l’occasion de la sortie en salles mercredi prochain du superbe « Barrage contre le Pacifique », l’information est tombée : l’actrice sera la présidente du jury du Festival de Cannes 2009. L’année cinématographique commence donc par une bonne nouvelle.Piochant dans la sublime intégrale Demy en DVD, j’ai revu successivement « Trois places pour le 26 » et « Une chambre en ville ». Soit deux films plutôt maudits, plutôt mal aimés du génial Jacques D. Or, il s’agit bien de deux joyaux parfaitement à leur place dans le Demy-monde. Le premier parce qu’il prend des allures testamentaires : Montand y fait ses adieux au music hall et à ses illusions tandis que le cinéaste mène à son terme le thème récurrent de l’inceste. Au final, un film particulièrement gonflé, brillant et surtout totalement libre. Le dernier, hélas. Quant à cette « Chambre en ville », elle n’en finit pas de distiller le poison vénéneux des tragédies flamboyantes. On y chante du début jusqu’à la fin. Pas un dialogue n’est dit. C’est une prouesse musicale et scénaristique qui ne peut faire ricaner que les tristes figures et les imbéciles. L’un des « boni » du film nous apprend qu’à l’origine, le film avait été écrit pour le couple Deneuve-Depardieu avec Signoret dans le rôle tenu finalement par Darrieux. Il y a dans la scène finale comme un parfum de « Ni avec toi, ni sans toi ». Comment remercier Agnès Varda et les siens de nous permettre de vivre ainsi avec Demy à portée de main et d’écran ?Après 15 jours ou presque d’interruption, je reprends ce lundi à 13 heures le chemin des salles de projection des séances de presse avec un nouveau film du très talentueux cinéaste Israélien Avi Mograbi. Oui, décidément, l’année cinématographique commence bien !La phrase du jour ? « Le cinématographe est un art. Il se délivrera de l’esclavage industriel. » Jean Cocteau

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