« Bright Star », le nouveau film de Jane Campion : c’est donc par lui que ma journée a commencé. On fait mieux comme réveil. Beaucoup mieux avec et même sans tartines beurrées. On fait mieux, parce que Campion est tombé depuis un certain temps déjà dans un académisme empesé et lourdingue. Son film, c’est le premier « biopic » du Festival, soit l’histoire d’amour entre le poète anglais Keats et une jeune fille de très bonne famille passionnée de couture genre Coco avant Chanel. La belle et le poète. La couturière du dimanche et l’écrivain maudit. Tout ici est à l’image de cette antithèse facile et démonstrative : l’opposition des classes sociales, des cultures et l’amour qui dépasse l’ensemble, la tragédie de l’existence se chargeant du reste. On aurait aimé vibrer à l’unisson de ces deux cœurs, on reste en fait totalement en retrait, spectateurs d’un film où tout est tellement parfait : les costumes, les décors, les acteurs. Un pur produit standardisé. Pour le cinéma, il faudra simplement repasser. Depuis sa Palme d’Or pour « La Leçon de piano », Campion a la carte cannoise. Mais est-ce un service à lui rendre que d’accepter ainsi ce qui est au fond la caricature d’elle-même ? « Bright Star » ne donne qu’une envie : revoir « La Leçon de piano » et plus encore « An angel at my table », le premier film de la réalisatrice, une oeuvre en liberté totale, complexe, profonde et dérangeante, « Bright Srar » à front renversé par conséquent…Sinon ? Le temps fait lui aussi grise mine ! La pluie tombe drue sur Cannes. On nous promet du soleil et surtout d’autres films. L’essentiel est là !La phrase du matin en forme de mauvaise nouvelle ?« L’envie de filmer m’est revenue » Luc Besson, « Le Film français », 15 mai 2009

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