C’est donc aujourd’hui que tout commence. Tout. Plus précisément, le Festival de Cannes, ce qui est loin d’être tout…Il aura pour moi commencé par une pluie torrentielle du côté d’Avignon, celle grâce à qui le TGV que j’empruntais aura cumulé plus d’une heure de retard. Histoire d’entendre un parfait florilège des réactions outrées d’autres passagers : « Après le cyclone, la pluie », « On prend le train et c’est pire que l’avion » (c’est ma préférée…) et autres « C’était mieux du temps des charrettes à bras. » Ce temps supplémentaire, volé en quelque sorte au Festival, m’aura permis de lire longuement mes confrères de la presse écrite à propos de Cannes toujours et encore… Bilan : Assayas arrive largement en tête des « palmables ». Ca tombe mal : il est définitivement hors compétition, pour cause de maladie infantile télévisuelle. Cet ostracisme-là est-il vraiment raisonnable ? La palme du petit scoop revient elle au « Nouvel Obs » de cette semaine qui a réussi poser quelques questions à… Carlos depuis le fond de sa prison (c’est bon ça, Coco …) quant à la vraisemblance de trois épisodes clés du film d’Assayas. Exercice un peu vain en vérité : les réponses du terroriste ne sont guère convaincantes. On le sent toujours englué dans sa dernière guerre, celle de la communication, de l’entourloupe et de la maîtrise de son image. Ce soir, les festivaliers découvriront « Robin des Bois ». J’ai déjà écrit ici même qu’à mon sens, il s’agit d’un film d’ouverture plus que parfait. En y repensant, et sans crier au chef d’œuvre, j’ai été frappé par la charge antifrançaise qui traverse tout le film avec comme apothéose la figure pulvérisée de Philippe-Auguste. Il est curieux que Monsieur Lionnel Luca, le toujours député maritime et alpin, ne s’en soit pas inquiété. Mais peut-être a-t-il vu ce film, cette fois. Et c’est alors la peur du ridicule qui, une fois n’est pas coutume, l’aurait empêché de protester… Quoi qu’il en soit, le débarquement des troupes françaises sur les côtes britanniques est un petit bijou d’humour cinéphile et noir. On se croirait au détail près dans « Le Jour le plus long » ou dans « Il faut sauver le soldat Ryan », barques de débarquement à l’identique (mais en bois !), pluies de projectiles sur les envahisseurs infâmes (des flèches qui ressemblent à des tezaits de laser), j’en passe et d’autres plus anachroniques encore. Mais tout passe car on est au spectacle et c’est très bien ainsi Le film se termine par un générique qui frise avec le ringard pour s’imposer finalement comme un ultime clin d’œil à une modernité et à une stylisation assumées. Du grand art ? non. De la belle ouvrage ? oui.Au suivant !

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