Au triste titre internationalo-anglais, on préférera évidemment l'original : DA-REUN NA-RA-E-SUH dont voici tout d'abord le synopsis :

Dans un pays qui n'est pas le sien, une femme qui n'est à la fois ni tout à fait la même ni tout à fait une autre, a rencontré, rencontre et rencontrera au même endroit les mêmes personnes qui lui feront vivre à chaque fois une expérience inédite.

__

Isabelle Huppert
Isabelle Huppert © PhotoPQR/Le Parisien / Frédéric Dugit

Bienvenue donc chez un doux dingue nommé Hong-Sangsoo et qui naquit à Séoul (Corée du Sud) le 25 octobre 1960. Ce faiseur de petits miracles cinématographiques en général fortement alcoolisés et superbement bavards intervient à Cannes en osant subvertir l'icône Huppert. D'autres comme Chabrol notamment, soyons justes, avaient déjà tenté et réussi de transformer la dentelière en espiègle ou en délurée.

On se félicite de cette nouvelle pierre à l'édifice alternatif, parce qu'Huppert sait parfaitement se mettre au service d'un univers différent fondé sur d'improbables rencontres, des diners qui n'en finissent plus, des lieux qu'on cherche et qu'on finit par trouver mais qui s'avèrent sans intérêt, des hommes qui draguent sans vergogne et des femmes qui les jalousent à juste titre, sans compter une tente de camping, une promenade au phare et d'incroyables parapluies.

Voilà pour l'ambiance, le décor, les personnages. On sait déjà que certains font la fine bouche devant cette cuisine coréenne bien plus délicate qu'il n'y parait. Tout étant affaire de goût, on ne cherchera même pas à les convaincre évidemment. Reste pour nous 1h29 de petits bonheurs cinématographiques volés à la pression cannoise, à la pluie sur la Croisette qui avait moins de charme que la pluie sur une côte coréenne et capables même de se glisser juste après la projection du film d'Haneke.

C'est dire si ce film sait faire entendre sa musique même quand une autre vient de vous transpercer l'âme. Peut-être et certainement parce que le cinéma d'Honh Sangsoo ne triche pas, qu'il est d'une sincérité absolue dans sa volonté de faire rire, sourire mais aussi d'émouvoir sans l'ombre d'un pathos. C'est fou ce qu'on est bien dans les films de ce Coréen-là. C'est fou ce qu'on aimerait y habiter. Tout comme dans le Demy monde, vous voyez ?

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.