Le synopsis selon Gondry :

"C'est la fin de l'année. Les élèves d'un lycée du Bronx grimpent dans le même bus pour un dernier trajet ensemble avant l'été. Le groupe d'adolescents bruyants et exubérants, avec ses bizuteurs, ses victimes, ses amoureux... évolue et se transforme au fur et à mesure que le bus se vide. Les relations deviennent alors plus intimes et nous révèlent les facettes cachées de leur personnalité..."

The we and I
The we and I © radio-france

On le sait déjà, Michel Gondry adore les installations et autres OCNI (objets cinématographiques non identifiés). Cette fois, il a fait le pari de nous embarquer durant 1h40 dans un bus américain rempli d'ados turbulents (ce qui n'est rien quand la veille on a soi-même passé sept heures dans un TGV rempli de festivaliers faisant semblant d'être attendus à Cannes par la terre entière...). Et après tout pourquoi pas ? Ce road movie urbain en huis clos ne pouvait que séduire sur le papier. Mais, une fois encore, Gondry se laisse aller à la molle description de l'esprit potache qu'il affectionne. On finit par s'ennuyer ferme devant les querelles adolescentes interminables aux rôles pesamment déterminés : aux filles, les plans drague, aux mecs les plans cul, pour simplifier. Devant cette avalanche de petits gags façon série américaine; on peine à se réveiller quand très artificiellement le cinéaste décide que la minute d'émotion est nécessaire dans une scène entre deux ados homos qui se séparent puis dans l'irruption de la mort (c'est bon ça coco, un décès qui glace tous ces petits branleurs d'effroi...). Au fond, ce qui étonne le plus, c'est le politiquement correct et le convenu moraliste qui privent progressivement le film de toute énergie intérieure. Tout ça pour ça, a-t-on envie de dire quand on atteint le terminus ou presque. La ligne Gondry s'avère cette fois comme une impasse certes sympathique (ados obligent) mais sans âme et sans ressort. Comme si le cinéaste n'avait pas su quoi faire de sa belle idée de départ, ainsi que l'atteste d'ailleurs un pesant découpage en trois parties bien inutiles. Petit démarrage pour la Quinzaine donc mais le programme à venir, concocté par le talentueux Edouard Waintrop, le nouveau Délégué général de la Quinzaine, s'avère suffisamment alléchant !

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