Voici donc le synopsis de LIKE SOMEONE IN LOVE :

Un vieil homme et une jeune femme se rencontrent à Tokyo. Elle ne sait rien de lui, lui croit la connaître. Il lui ouvre sa maison, elle lui propose son corps. Mais rien de ce qui se tisse entre eux en l'espace de vingt-quatre heures ne tient aux circonstances de leur rencontre.

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Il est impayable ce synopsis ! Il faudrait en réécrire les premières lignes pour être au plus près de la vérité de ce que l'on voit à l'écran : une jeune étudiante japonaise se livre à la prostitution. Son mac l'oblige à accepter un rendez-vous nocturne avec un client important alors qu'elle souhaitait aller voir sa grand-mère. On se demande parfois qui a écrit les synopsis du catalogue officiel du Festival ! Mais après tout, les occasions de s'amuser sont rares ! Pour le reste, Kiarostami après son très italien COPIE CONFORME en 2010 poursuit ses pérégrinations exotiques à l'extérieur des frontières iraniennes. S'ensuivent des films forcément peu iraniens, forcément exotiques et assurément déconcertants.

C'est bien le cas de ce nouveau film présenté en sélection officielle et qui se déroule donc à Tokyo, avec des acteurs uniquement Japonais et en langue japonaise. Le cinéaste s'amuse manifestement de ce décalage et semble s'affranchir de toute contrainte pour raconter en toute liberté l'histoire de cette rencontre improbable entre une vieille sommité de l'Université japonaise et une jeune fille faussement étudiante et vraiment prostituée. Leurs dialogues sont savoureux et presque surréalistes à certains instants. Rien entre eux ne se passe comme les choses devraient se passer ou du moins les questions sans réponse abondent-elles au premier rang desquelles : ont-ils couché ensemble ?!

Or, la question n'est manifestement pas là. Ce que filme Kiarostami souvent avec brio, c'est précisément ces moments de vie un peu absurdes que constituent la jalousie maladive d'un "fiancé" qui n'a rien compris des activités nocturnes de celle qu'il aime, le bavardage d'une voisine intrusive, l'incompréhension d'une grand-mère qui ne verra jamais sa petite-fille autrement qu'avec les yeux de l'amour et d'autres choses encore filmées sans avoir l'air d'y toucher;

Soyons clair, on ne trouve ici que de lointains échos des chefs d'œuvre iraniens de Kiarostami (LE GOUT DE LA CERISE,...), mais puisque le Japon est si peu présent à Cannes cette année, on se réjouit de cette incursion insolite. Et puis, ce Kiarostami-là ne devrait pas inquiéter le Michael Haneke de cette année, alors, vous l'aurez compris, de mon point de vue tout va bien...

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LIKE SOMEONE IN LOVE © PhotoPQR/Le Parisien / Frédéric Dugit

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LIKE SOMEONE IN LOVE © PhotoPQR/Le Parisien / Frédéric Dugit
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