Voici au préalable le synopsis du scénario de ADIEU BERTHE, L'ENTERREMENT DE LA MEME, co-écrit par Bruno et Denis Podalydès :

Mémé est morte. Berthe n'est plus. Armand avait "un peu" oublié sa grand-mère... Pharmacien, il travaille avec sa femme Hélène à Chatou. Dans un tiroir de médicaments, Armand cache ses accessoires de magie car il prépare en secret un tour pour l'anniversaire de la fille de son... amante Alix. Et Mémé dans tout ça ? On l'enterre ou on l'incinère ? Qui était Berthe ?

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ADIEU BERTHE
ADIEU BERTHE © radio-france

On avait laissé sans trop de regrets Bruno Podalydès sur des BANCS PUBLICS un peu trop fréquentés et finalement pas très drôles. On le retrouve cette année à Cannes en grande forme : côté compétition officielle, il se glisse dans le film de Resnais avec élégance, côté Quinzaine des Réalisateurs, il nous offre ce très réjouissant film où la mort ne rôde que pour nous faire sourire et rire. Et prenons le risque (?) de dire que cet ADIEU BERTHE nous séduit bien plus que le "Bye, bye Eurydice" d'Alain Resnais... La modestie paye parfois en effet. Un mot d'entrée de jeu pour dire le grand bonheur d'un casting impeccable : les frères Podalydès, Valérie Lemercier, Michel Vuillermoz et Isabelle Candelier ("Libération" a raison ce matin : on la voit trop rarement). Le tout situé à Chatou (ne me demandez pas pourquoi), cette ville où le temps semble s'être arrêté, parfaite illustration d'une banlieue pavillonnaire francilienne qui aurait plu à Tati.

Et qui, soit dit en passant, a également inspiré un parolier de Michel Delpech pour une magnifique chanson intitulée "Dans Chatou qui dort" (vive le mélange des genres...), je cite :

"C'est une ville sans péripétie

Avec des bars et des boulangeries

Y a pas de grand Canal ni de pont suspendu

Mais les fins de semaine ça vit un peu plus (...)

C'est une petite ville endormie

J'ai pas de regret de vivre ici

Puisque tu y vis aussi.

Dans Chatou qui dort

Tu brilles en silence

Comme une pépite d'or

J'adore ta présence

Tu es dans les draps

Tu veux du café

Alors je t'en fais

Dans Chatou qui dort..."

Il fleure dans le film de Podalydès le même parfum d'une ville en suspens où il fait bon aimer et même deux femmes à la fois comme c'est le cas de l'Armand du film, éternel Pierrot lunaire, champion de l'indécision, roi du texto envoyé par erreur, empereur de la gaffe. Ce petit bijou de film faussement bricolé mais parfaitement maîtrisé avance à son rythme sans se soucier de vraisemblance. On y croise aussi bien le fantôme d'un vulcanologue de renom dont on écorche le nom, que le souvenir de Pompéi et des ses habitants morts pétrifiés qu'Armand sait si bien reproduire... Sans compter des entreprises de pompes funèbres indécentes et joyeusement décadentes. Bref, une comédie, une vraie, qui respecte son client. Le film sort très vite, en juin, sur tous les écrans. A Chatou comme ailleurs donc. N'oubliez pas d'aller faire alors vos adieux à cette Berthe !

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