De Garrone, on avait gardé en tête le sidérant et anti-maffia GOMORRA , il nous est revenu cette année avec un IL GRANDE FRATELLO beaucoup moins acide et décapant sur un tout autre aspect de la société italienne. Son film aurait pu figurer jadis au sein d'un film à sketches italien des années 70 et son acteur principal, plus que parfait, Aniello Arena, aurait fait bonne figure aux côtés des Sordi, Manfredi et autres Gassman.

Gomorra
Gomorra © Radio France

Mais en 2012, il manque à son plat national beaucoup des épices nécessaires pour dénoncer l'emprise télévisuelle sur le cerveau d'un poissonnier qui vit plus d'arnaques de que de la vente de ses palourdes. Son propos se dilue à l'extrême et il en vient même à flirter avec des clichés évitables comme ce passage de la religion catholique à la religion cathodique, figure désormais trop rebattue des analyses sociologiques. Le président Moretti (auteur notamment du fulminant CAIMAN) risque d'être déçu par tant de fadeur et de retenue.

De l'Italien Ulrich Seidl, on n’attendait rien de moins qu'une nouvelle charge au canon contre la société autrichienne en particulier et contre l'humanité occidentale en général. Et les amateurs de cinéma coup de poing et malaise assuré n'ont donc pas été déçus par son PARADIS : AMOUR qui suit les tribulations d'une grasse (forcément...) touriste autrichienne pour trouver au Kenya de quoi satisfaire sa libido endormie auprès de jeunes gens tarifés. Les autres, dont je suis, auront regardé son film avec un peu plus de circonspection se souvenant qu'en son temps Laurent Cantet leur avait proposé son très complexe et très dérangeant VERS LE SUD. On aura compris vers quel film penche mon cœur et ma raison tout autant.

De l'Australien John Hillcoat, on aura découvert ce matin l'impeccable "Western" tardif LAWLESS qui fait renaître l'Amérique profonde et rurale des années 30 et de la prohibition. C'est impeccablement joué et réalisé. On ne s'y ennuie jamais. Sa place est-elle dans la compétition ? Au fond peu importe. Le département "Grands classiques" ne doit pas forcément être déserté.

Enfin, il faudrait plus de temps pour parler du nouveau film du Roumain Cristian Mungiu, AU-DELA DES COLLINES. Un peu de verve méchante également pour dire tout le mal qu'on pense du nouveau film boursoufflé de Xavier Dolan, LAURENCE ANYWAYS. Mais on entend déjà loin l'appel du Sélectionneur qui du haut des marches crie JAGTEN, soit le titre du nouveau film de Thomas Vinterberg ( souvenez-vous, FESTEN...). Alors, l'écrit ce sera pour plus tard. L'écran commande !

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