On a parfois le droit de se la jouer à la paresseuse, avec un côté languide, non ? On aime énormément "Spartacus et Cassandra". Or, la cinéaste Dominique Cabrera également et elle le dit avec des mots justes et pertinents dans le programme de l'ACID. Et moi, je dis "Pas mieux" :

"Spartacus et Cassandra" de Ioanis Nuguet vu par Dominique Cabrera, ou comment deux enfants quittent la vie nomade

Ca commence avec leurs voix, leur journal-poème de la vie d'avant. Musiques, photos, animations, Super 8. On est dans un cirque. Spartacus et Cassandra rigolent, jouent au ballon, chantent, marchent sur un fil. Cinéma direct, plan séquence. On est dans un campement rom. Les enfants ne veulent pas être placés dans une famille d'accueil, aller à l'école, quitter la rue. "Vous restez avec moi" dit le père, "jusqu'à présent, je vous ai fait grandir."

"Qu'est-ce qui est meilleur pour Spartacus et Cassandra ?" La question du film est posée, déchirante ainsi que son style, réaliste et poétique, libre comme un flow de rap. Nous sommes avec les enfants. Nous partagerons la détresse d'être enlevé aux siens "pour son bien", mais aussi le tremblement devant la douceur d'une vie nouvelle. "Je ne sais pas si j'ai le droit" dit Spartacus. Savons-nous ce qu'il en coûte de devenir les parents de ses parents ? Est-il indispensable de perdre pour grandir ? Le cinéaste compose avec empathie un film tendre et rude, merveilleux, un grand film. Sa présence entière, l'ampleur de sa vision, sa musicalité et sa grâce offrent comme une réparation au chagrin de vivre dans un monde terrible. "Je vois mes parents toujours dans la merde" dit Spartacus, "parfois le paradis me dégoûte." On en sort le coeur serré et pourtant joyeux. Comme une voix aimée dans la nuit, le malheur s'éloigne, il ne disparaît pas, à force de l'affronter le temps passe et nous transforme. pour Spartacus et Cassandra, c'est déjà demain."

C'est un peu agaçant ces cinéastes qui sont aussi de formidables passeurs des films des autres ! Mais que voulez-vous, de ce film beau, si beau, Dominique Cabrera dit l'essentiel et bien plus encore. C'est pourquoi, il valait mieux lui laisser totalement la parole et la remercie ainsi d'avoir su trouver les mots pour le dire, les mots pour vous inciter, lemoment venu, à aller voir sur grand écran les sourires lumineux et les les paroles graves de Cassandra et de Spartacus.

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