"Ecoutez bien, c'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau." On connait bien l'apostrophe que lance au public l'annoncier du "Soulier de Satin". Or il y a incontestablement du Claudel chez Godard. Pour s'immerger dans les dernières compositions de JLG, on doit laisser au vestiaire un e partie au moins de cette volonté de tout saisir qui guette chaque spectateur. Il faut accepter l'idée de se faire cueillir en plein vol par une image, une phrqe, une intuition, une musique, un son, une couyleur. Ainsi va "Adieu au langage" donbt on avait reproduit ici-même, avant le début du Festival, en guise d'apéritif, le synopsis manuscrit : "Le propos est simple une femme mpariée et un homme libre se rencontrent..." etc. La malice chez Godard, c'est précisément de démarrer sous les auspices de la"simplicité". Vogue ensuite la galère faite de citations, d'extraits, de morceaux et autres télescopages. On croisera donc ici Jacques Ellul, dont Godard veut à tout prix nous et se persuader qu'il a tout compris et tout prévu dès 1946 (c'est le propre des visionnaires que de se trouver des complices en prophéties... Godard est un visionnaire, donc il se cherche des jumeaux...ne pas croire pour autant quer les visionnaires ont toujours raison... CQFD !). On pourra préférer ceci, présent dans le dossier de presse et qu'on ne se rappelle pas avoir lu sur grand écran : "Ne pas peindre ce qu'on voit, puisqu'on ne voit rien, mais peindre qu'on ne voit pas." et c'est signé de Claude Monet. On pourra également être irrité par les rapprochements que lez cinéaste opère entre Hitler et la Terreur de 1793 pour nous faire le coup du "on perd sur le terrain militaire, on gagne sur celui des idées". Il y a toujours du danger à dresser des signes d'égalité. Et singulièrement quand on évoque le Nazisme. Mais tel est Godard : génial et excessif, enthousiasmant et discutable. De la même manière, les animaux et leur apparente défense et illustration prennent dans ce film une place particulière à travers un chien souvent filmé (le chien de Godard, nous dit-on). Et une théorisation de cette place accordée : il aura fallu attendre deux siècles pour qu'après la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen naisse la Déclaration des droits de l'Animal. Certes, Mister Godard, mais il vous a échappé en revanche que la première SPA (anglaise d'ailleurs) a été crée un an avant l'abolition de l'esclavage. On en déduisait aisément qye depuis l'humanité avait un an de retard dans l'aile... Mais chacun voit son chien à sa porte, n'est-ce pas ? Et puis, la force de Godard réside dans cette capacité à séduire autant qu'à irriter. Qui mieux que lui durant ce Festival aura su jouer avec les images du cuinéma, y compris en se jouant de la 3D dont il semble épuiser en un film de 1h10 toutes les pôssibilités, toutes les impasses, toutes les beautés et tous les trucs ? Quand de beaucoup plus jeunes cinéastes français (suivez mon Hazavanicius, on y reviendra ici même...) nous proposent d'incroyables vieilleries cinématographiques surgies d'une insondable parersse artistique et intellectuelle, on savoure à sa juste mesure le geste godardien de nous donner autant à voir, à prendre et à rejeter. Avec "Le P(tit Quinquin" de Bruno Dumont, la série télé présentée à la Quinzaine des Réalisateurs (on y reviendra aiussi !), cet "Adieu au langage" est l'autre perle décalée, inclassable et belle de cette édition 2014. Godard vieillit, Dumont rit. Les deux en bonne part. Les deux pour notre plus grand plaisir cinéphile. Les deux pour le plaisir de nos yeux et de nos esprits. Et pendant ce temps là, le tonnerre gronde sur la Croisette. Les Dieux ne sont pas contents, c'est bon signe !

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