Il parait qu'il ne faut pas tirer sur une ambulance, surtout quand elle véhicule les meilleurs intentions du monde... Reprenons au début : comme il est dit dans le synopsis de "The Search" (sic) de Michel Hazanavicius, "le film se passe pendant la seconde guerre de Tchétchénie, en 1999. Il raconte, à échelle humaine, quatre destins que la guerre va amener à se croiser..."

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Un mot quand même sur le seul titre actuel du film : un titre anglais parfaitement traduisible en français pour un film produit principalement par France 3 Cinémas, Orange Studio, La Petite Reine et Wild Bunch (ces deux dernières étant des sociétés de production française, sauf erreur de ma part ou recapitalisation très récente...). Bon, mais va pour "The Search". D'autant plus que le film, et plus spécialement son scénario ont un gros problème manifeste avec les langues ! C'est ainsi que durant une bonne partie des 2h29 (quand même...), Carole, la principale figure féminine du film jouée par Bérénice Béjo, n'arrête pas de s'adresser en français à un petit garçon tchétchéne qu'elle recueille chez elle lequel ne comprend strictement rien à ce qu'elle lui raconte évidemment (ils sont gonflés quand même ces petits Tchétchénes de ne rien connaître de notre belle langue, mais passons...). On se dit d'abord que cette valeureuse chargée de mission pour l'Union européenne n'est guère douée pour les langues étrangères et ne fait aucun effort pour s'intégrer un tant soit peu auprès des populations locales. On se prend ensuite à douter tout simplement du bon sens de cette obstinée militante des droits de l'homme qui s'entête à dialoguer avec un gamin qui est incapable de la comprendfre et a fortiori de lui répondre (le monsieur te dit que cet gamin qui ressemble par ailleurs à Petit Gibus ne pas comprendre toi du tout...). C'est dire si Carole est largement traumatisée par la situation, au point d'en perdre tout sens commun... On aura compris que cet aspect du film (l'un de ses récits essentiels quand même) finit par prêter à sourire quand on le voudrait émouvant (et on jettera un voile pudique sur le discours de Carole devant une commission européenne forcément aveugle, sourde et lâche, en se demandant toutefois ce qui autorise le cinéaste à donner ainsi des leçons à la terre entière, mais bon...).

L'autre récit dans le film concerne le parcours de Kolia, jeune Russe de vingt ans, guitariste et fumeur de shit insouciant (bonjour les clichés !) qui se retrouve embarqué bon gré mal gré dans le conflit aux côtés des armées Elstine. S'ensuit un récit parfaitement convenu, balisé et attendu qui verra le mouton se transformer en bête sauvage au fil de son immersion dans l'armée russe. Fuller, Kubrick, Coppola et tant d'autres ayant apporté leur pierre à cet édifice, il faudrait penser à tenter l'originalité...

Tout cela fait donc un film "à échelle humaine" pour reprendre les termes du synopsis (gare toutefois à l'échelle animale : les gros plans sur des cadavres d'animaux morts sur les lieux de combat se multiplient, signes manifestement tangibles (?) de la barbarie, du moins aux yeux du cinéaste...)...Comme doit être "à échelle humaine" certains gros plans sur des cadavres humains avec musiquette légère derrière et le recours à une image ni en couleurs, ni en sépia, ni en noir et blanc, une couleur indéfinissable faite, semble-t-il pour bien dire que la guerre, c'est moche sous des cieux moches...

"The Search" donne les verges pour se faire battre hélas et cette exposition cannoise fut un bien mauvais service à lui rendre. A preuve, dans le palmarès quotidien établi par "Le Film français", les critiques du "Figaro", de "Télérama" et des "'Inrocks" lui réservent leur plus belle grimace, tandis que ceux du "Monde", du "Nouvel Observateur et de "Positif" osent une toute petite étoile de rien du tout . Ces six-là ne s'entendent guère en général, leur unanimité est révélatrice...

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