Grace de Monaco
Grace de Monaco © Radio France

Au fond, c’est bien normal et c’est bien pensé : avant onze jours de bombance cinématographique à gogo, on a besoin d’une bonne purge préparatrice. Mille mercis donc à Olivier « Biopic » Dahan de s’y être collé avec son Grace de Monaco vu ce matin.

Désormais, on a l’estomac vide et lavé, on peut se lâcher. Ce film, c’est un billard à trois bandes : Kidman , qui assure un service minimum nimbé dans un floutage flatteur, Grace Kelly qui, semble-t-il, crut sincèrement pouvoir incarner la kleptomane frigide de « Pas de printemps pour Marnie » sous la direction d’Hitchcock après avoir endossé sa robe de princesse des machines à sous monégasques et Grace de Monaco donc qui veut croire au rôle de sa vie en débitant des banalités dignes de Liza Azuélos (« L’amour triomphera des guerres, de la mort et de la politique »… ah bon ! Tant mieux alors !) devant un parterre d’où émerge la silhouette d’un De Gaulle de cabaret parisien tendance Henri Tisot.

Seul moment d’humour malheureusement involontaire : la princesse dit à son prince (Tim-Roth-mais-qu’est-ce-que-je-fais-là ?) qu’ils devraient renoncer à tout et partir vivre dans, je cite littéralement, « une ferme à Montpellier ». C’est Georges Frêche qui aurait été content. Seul moment de vérité inexploité : le prince devant son conseil se lâche et avoue qu’on est là pour faire des affaires point barre, le pognon , c’est quand même autre chose que les calembredaines de Sissi-Grace au pays des doutes et des désillusions.

Il me revient en mémoire qu’à la Libération, Raymond Aubrac était en situation d’annexer une bonne fois pour toutes le Rocher et ses prétentions séparatistes fondées sur l’usage immodéré du bandit-manchot et autres roulettes, mais c’est De Gaulle qui l’en aurait empêché. On ne remercie pas pour une fois le chef de la France libre qui, en donnant son accord, nous aurait évité en ce mercredi 14 mai 2014 de perdre 1h43 dans la salle Debussy du Palais des Festivals de Cannes (France).

Prochain épisode : TIMBUKTU d’Abderrahmane Sissako… Vivement 19 heures !

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Retrouvez la critique du Masque et la plume de ce film

Et quand Olivier Dahan est venu présenter son film dans la matinale de France Inter

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