Le samouraï
Le samouraï © Radio France / Mariel Bluteau

JEUDI 8 DECEMBRE

CASE N°8 : LE SAMOURAI de Jean-Pierre MELVILLE (chez Pathé)

Doit-on encore présenter Le Samouraï de Jean-Pierre Melville avec Alain Delon et François Perier. Oui ? Non ? On ne sait plus tant la place de Melville est encore trop discrète dans le Panthéon du cinéma français. Il suffit pour s'en convaincre de voir la pauvreté éditoriale à son sujet. Quelques trop rares livres pour dire l'importance de Melville dans le cinéma français mais aussi dans le cinéma mondial. C'est injuste. Il faut alors d'autant plus se précipiter ce DVD édité à la perfection par Pathé (plus sobre, plus Melvillien donc, tu meurs) qu'il est accompagné d'un formidable (je pèse mon mot) texte écrit par Jean-Baptiste Thoret (intitulé "Disparaître de son vivant") qui se livre à une lecture particulièrement inspirée et raffinée du livre de Melviulle. C'est l'avantage avec les films intelligents : il donne encore plus d'ailes aux exégètes intelligents. Avec cerise sur le gâteau la version Blu-Ray en plus et quelques "boni" à la hauteur de l'ensemble. Au fond voilà, c'est peut-être LE cadeau à faire à un cinéphile pur et dur. Mais au fait pourquoi ce film ? Parce que chez Melville le polar prend tranquillement des allures de tragédie grecque hiératique. Parce qu'éternellement muni de ses lunettes fumées l'auteur du Samouraï sait profondément que "ni le soleil ni la mort ne se peuvent regarder en face" et qu'il en fait des histoires d'hommes perdus au regard d'enfants. Parce qu'il a su diriger Delon, comme Losey mais comme si peu d'autres... Parce qu'enfin à trop vouloir faire révérence et référence au cinéma américain, on finit par oublier Melville.

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