CASE N°19 : CAGLIOSTRO de Richard Oswald (Potemkine)

LUNDI 19 DECEMBRE

Cagliostro
Cagliostro © Potemkine

Décidément les éditions Potemkine développent une politique éditoriale des plus stimulantes. J'en veux pour preuve l'édition du petit chef d'œuvre inconnu qu'est ce Cagliostro que le despotique réalisateur autrichien Richard Oswald tourna dans les studios parisiens en 1929, soit l'année de l'arrivée du parlant sur les écrans français... Autant dire une bien mauvaise date pour voir le jour, quand on est un film muet dans la plus pure tradition des bios ténébreuses à grand spectacle. Oui, c'est la voix qui l'a tué ce film, comme beaucoup d'autres alors, ainsi que le raconte l'historien du cinéma Bernard Eisenschiltz dans un livret de 26 pages qui accompagne fort intelligement ce coffret DVD à la somptueuse maquette très années 30. Ce film que l'on croyait perdu à jamais nous revient dans une version hélas écourtée, la seule restante. Hélas parce qu'on est d'emblée sous le charme vénéneux de ce noir et blanc qui utilise tous les les plus beaux artifices acinématographiques du muet de l'époque. C'est du très grand spectacle avec ce qu'il faut d'intrigues, de rebondissements, de grande et de petite histoire et, cerise sur le gâteau, d'érotisme torride via l'actriceIlla Meery qui incarne Jeanne de la Motte toujours prête à dévoller ses seins pour arriver à ses fins auprès de l'intraitable Cagliostro ! On dirait du Dumas revisité par Guitry avec des touches venues, entre autres, de l'expressionisme allemand. Servi par deux partitions alternatives spécialement écrites pour l'occasion, l'une "classique" et l'autre élaborée par un DJ (excellente initiative que ce doublé musical qui donne ainsi à écouter et donc à voir autrement le même film), ce Cagliostro est l'une des bonnes surprises parmi les DVD récemment sortis.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.