CASE N°20 : CLOUZOT CINEASTE de José-Louis Bocquet et Marc Godin (Editions de La Table ronde)

MARDI 20 DECEMBRE

Clouzot cinéaste
Clouzot cinéaste © La Sirène

Le cinéma est une invention permanente. le jour de son invention définitive sera aussi le jour de sa mort. Ce qui fait qu'un art ne meurt pas, c'est qu'un être soudain découvre une "place vide" et qu'il trouve un moyen de la combler

Signée Clouzot, cette prophétie en forme d'auto-analyse frappe par sa pertinence. Et aucun doute, dans le paysage cinématographique français, Clouzot a su creuser son propre sillon et "chanter dans son arbre". L'Assassin habite au 21, Le Corbeau, Quai des Orfèvres, Le Salaire de la peur, Les Diaboliques,... c'est lui. Sans oublier La Vérité, l'un des rares vrais rôles de Bardot (dont le DVD soit dit en passant est donné comme en bonus avec la biographie dont il est ici question : belle initiative de l'éditeur, La Table ronde !). Des films assurément sombres, pessimistes, mais qu'un sursaut d'amour vient parfois sauver de l'absolue noirceur. L'ouvrage de José-Louis Bocquet et Marc Godin, judicieusement réédité, propose un portrait particulièrement inspiré du cinéaste en visitant minutieusement sa filmographie. Haï autant qu'admiré dans la profession, Clouzot, comme Melville d'un certain point de vue, échappe à toute analyse trop globale ou définitive. A chaque fois que l'on revoit l'un de ses films, même les moins aboutis comme Les Espions, on est frappé par l'extrême diversité de son contenu : un jour on s'attache à la perfection de la direction d'acteurs, un autre on est conquis par le sens du scénario ou l'extrême précision de la mise en scène. Avec son DVD en guise d'exemple concret immédiatement visible, cet ouvrage est un modèle du genre.

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