DIMANCHE 3 JANVIER

IRENE d'Alain Cavalier (un DVD Pathé)

DVD Irène Alain Cavalier
DVD Irène Alain Cavalier © Michel Seydoux

"Elle est derrière la porte. Je l'entends frapper doucement depuis des années. Pourquoi tant tarder à lui ouvrir ? Crainte de ce qu'elle peut me demander ? Peur d'un aveu ? Refus d'éclairer les coins sombres ? Seule certitude : elle est là, vivante, aujourd'hui, devant moi. Elle guide mes gestes. J'essaie d'aller plus loin que nous, hier". Ainsi s'exprime Alain Cavalier pour introduire et justifier Irène , le film consacré à cet amour disparu dans un accident de voiture. En acceptant enfin de retourner vers l'amoureuse d'hier via le cinéma et sa petite caméra, le cinéaste convoque les fantômes qui viennent ainsi à sa rencontre. Cavalier nous raconte une histoire d'amour bouleversante mais sans jamais tomber évidemment dans le lacrimal. C'est son journal intime à lui en images face à son journal intime à elle en mots écrits. Un journal filmé contre, tout contre, un journal sur papier retrouvé bien des années après la disparition. Cette femme qui manque tant, cette absente définitivement présente, le "filmeur" comme il s'est lui-même déjà nommé, n'en finit pas de la la faire revivre certes à travers quelques photos et quelques images, mais surtout à travers ses mots à lui, ses mots d'aujourd'hui qui se chargent d'arrêter le temps. On devient alors amoureux de ce couple d'amoureux et le film de Cavalier prend les allures éternelles et belles d'un poème d'Aragon : Elsa-Irène, autrement dit la muse absolue dans la souvenance. On ne devrait pas le dire ici et à ce stade du calendrier, mais ne faudrait-il retenir qu'un seul cadeau à faire pour cette fin d'année, ce serait ce DVD-là. D'autant plus que s'y ajoutent deux bonus "100% Cavalier", sous la forme d'un film sur la peinture de Bonnard (dont Irène aurait assurément pu être un modèle parfait...) et d'un autre sur la tournée de promotion faite par le cinéaste pour la sortie d'Irène , soit un regard "hôtelier" et nocturne des plus malicieux.

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