LUNDI 5 DECEMBRE CINEMA ET PEINTURE de Joëlle Moulin (Citadelles et Mazenod)

Cinéma et peinture
Cinéma et peinture © Citadelles et Mazenod

L'auteur de ce sublime ouvrage d'art pictural et cinématographique est docteur en histoire de l'Art ET radiologue : cela ne s'invente pas , ou comment conciliier le regard dans sa vie professionnelle et extra-professionnelle. Sans jeu de mots, Joële Moulin radiographie donc les ponts, passerelles et autres influences qui depuis l'invention des Frères Lumière singularisent les relations qu'entretiennent le cinéma et la peinture. Juxtaposant en permanence des tableaux et des photos (extraites de films), l'auteur tisse entre eux des liens formels tout autant que charnels, en rendant plus qu'évidents et lumineux quelques belles corresppondances : du clair-obscur d'Eastwood dans Le Cavalier solitaire (1985) à celui du Van Gogh des Mangeurs de pommes de terre (1885), des mécaniques visuelles à l'œuvre chez le Chaplin des Temps modernes en 1936 et chez le Fernand Léger d'un projet d'affiche pour un autre film, L'Inhumaine en 1922, ou bien encore des terrifiantes maisons presque jumelles que l'on peut voir chez Edward Hopper (Maison près de la voie ferrée, 1925) et chez Hitchcock dans Psychose (1960). Les commentaires et analyses de l'auteur sont à la hauteur de ces rapprochements. On savait déjà que faire l'histoire du cinéma sans passer par les autres arts était une ineptie, ce Cinéma et peinture , publié par l'excellent éditeur Citadelles et Mazenod, prouve tout l'intérêt que l'on peut trouver à croiser ainsi des influences et des resonnances esthétiques. On se sent un peu plus intelligent, un peu plus cinéphile averti une fois la dernière page de ce gros volume refermé. C'est sans aucun doute parce que l'auteur nous prend par la main sans nous prendre pour des imbéciles ! Qu'on se le dise, car après tout le Père Noël ne passe qu'une fois par an...

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