Dans quelques jours, elle présidera la 45eme édition du festival du cinéma américain de Deauville. Mais d’ici là, c’est à Venise qu’elle a établi ses quartiers pour y présenter son dernier film "La Vérité".

Catherine Deneuve à la projection de "La Vérité" le 28 août dernier au festival du film de Venise
Catherine Deneuve à la projection de "La Vérité" le 28 août dernier au festival du film de Venise © AFP / Photo by Luca Carlino/NurPhoto

Catherine Deneuve est à l’affiche du nouveau film du réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda, “La Vérité”, tourné en France et présenté ce mercredi en ouverture de la Mostra. Elle y joue le rôle de Fabienne Dangeville, une icône du cinéma acariâtre et égoïste qui publie ses mémoires et s’apprête à renouer avec sa fille expatriée à New York. Leurs retrouvailles s’annoncent tendues dans la maison familiale. Entre rancœurs et mensonges. Elle répond à nos questions.

FRANCE INTER : Catherine Deneuve - Fabienne Dangeville, même combat ?

CATHERINE DENEUVE : "Je comprends le personnage, j’ai beaucoup aimé l’incarner, mais c’est un vrai rôle de composition. C'est un personnage qui est très loin de moi, très loin de ce que je suis, même si le film, c’est vrai, m’a poussée à me poser des questions sur ce qu’aurait pu être mon métier dans d’autres circonstances. Et en même temps, le film est rempli de petites touches très drôles qui me correspondent tout à fait. Je ne sais pas où Kore-eda est allé chercher tout ça. Je pense qu’il a dû lire des interviews, parce que je n’ai jamais eu de discussion personnelle avec lui qui m’aurait amenée à lui raconter des anecdotes sur ma vie ou mon travail. En tout cas j’étais très heureuse de tourner avec lui, j’admire beaucoup son travail. Il y a dans le cinéma asiatique une façon de filmer la famille et la nature qui me touche."

La présidente du jury de la Mostra s'est dit "très gênée" par la sélection de Roman Polanski, vous en pensez quoi ?

"Non ! C'est embêtant parce que je trouve que ça met tout de suite un jugement défavorable sur le film même si Lucrecia Martel dit qu’au final elle le verra. Ça veut dire quoi ? Qu’elle se désolidarise en tant que femme et qu’elle peut faire la part des choses en tant que cinéaste et qu’elle jugera le film pour ce qu’il est ? Je trouve que c’est quand même très excessif et je trouve incroyable qu’après 40 ans on soit encore à insister à vouloir continuer de juger quelqu’un qui a déjà été jugé [sur l'action judiciaire visant Roman Polanski, lire cette dépêche AFP NDLR]. Tout le monde semblait d’accord pour dire que du temps avait passé. Ce serait bien de le voir enfin comme un cinéaste et uniquement comme un cinéaste. De ce fait, il ne viendra même pas à Venise."

Vous allez présider le festival de Deauville, comment vous y préparez vous ?

"Ce ne sera pas le tapis rouge tous les soirs heureusement ! On m’a dit que c’était un festival très décontracté. Mais c’est rare en effet que j’accepte de présider un festival, je trouve ça trop lourd. Là c’était le plaisir de voir des films américains, du cinéma indépendant. Il y a beaucoup de cinéastes enthousiasmants. Kelly Richards, si elle vient en Europe, je tourne avec elle demain ! Et après ça j’arrête. Non, ce n’est pas vrai ! J'ai un nouveau tournage qui démarre en octobre. Rentrée studieuse !"

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