Les deux stars américaines ont monté les marches du Festival de Cannes mardi soir pour présenter le film de Quentin Tarantino "Il était une fois... à Hollywood".

Brad Pitt et Leonardo diCaprio au Festival de Cannes
Brad Pitt et Leonardo diCaprio au Festival de Cannes © AFP / MUSTAFA YALCIN / ANADOLU AGENCY

Dans ce film, qui se déroule à Los Angeles en 1969 en plein mouvement hippie, DiCaprio et Brad Pitt incarnent Rick Dalton, un acteur de westerns télévisés, et Cliff Booth, sa doublure cascade. Les deux hommes tentent de survivre dans un monde qui change et leur échappe.   Un film très bien reçu par la critique.

Brad Pitt et Leonardo DiCaprio ont répondu aux questions de quelques journalistes français dont Eva Bettan de France Inter. 

FRANCE INTER : quel effet ça vous fait de monter les marches de Cannes ? 

LEONARDO DICAPRIO : Pour moi c'est un immense honneur, Cannes est une légende du cinéma, le festival existe depuis 1946. Un film comme celui-ci, au sujet d'Hollywood, c'est un retour sur une certaine manière de faire du cinéma, un style de film qui devient de plus en plus rare. Et l'avoir en compétition ici, c'est un extraordinaire honneur.

BRAD PITT : Jouer dans le film de Quentin, c'est une expérience très spéciale. Lui qui a gagné la Palme d'or il y a 25 ans avec Pulp fiction, c'est spécial pour lui aussi. Son film, c'est une lettre d'amour au cinéma, deux histoires qui s'emmêlent, la petite et la grande histoire. Et voir la réaction du public ici était un vrai plaisir.

Est-ce l'expérience ultime de tourner avec Tarentino, pour vous les acteurs ? 

BRAD PITT : Aucun tournage ne ressemble à ceux de Tarantino. Il a tellement de brio, il est tellement joyeux sur le plateau. Il est si enthousiaste. C'est juste un plaisir d'être là.

Êtes-vous nostalgique d'un certain Hollywood ? 

LEONARDO DICAPRIO : On en a beaucoup parlé ensemble. Moi, je suis nostalgique en général, une part de moi-même vit dans les années 30 et 40, quand j'écoute de la musique par exemple. Et les films que j'aime le plus. Les années 60 n'étaient pas l'âge d'or du cinéma mais une révolution : l'âge d'or des réalisateurs. Oui certains de mes films favoris viennent de cette époque là. Oui j'en suis nostalgique et c'est pour ça je pense que Quentin a choisi cette époque, c'était une époque pivot pour les États-Unis, une perte d'innocence. 

J'ai grandi avec l'histoire de Charles Manson, mes parents hippies m'ont décrit à quel point le monde changeait par rapport à ce qu'ils avaient connu. Certes mes parents ont continué à être hippies après, et ils le sont toujours aujourd'hui, mais quand vous regardez par exemple ce qui s'est passé en 1969, c'est une année très riche. Quentin a utilisé cette période pour décrire une part de vie, une perte de l'innocence, un moment clé de l'histoire des États-Unis. Et maintenant notre pays et le monde changent. 

Est-ce plus difficile de trouver ce type de  films "adultes" aujourd'hui, face aux Avengers, aux super héros, etc? 

LEONARDO DICAPRIO : C'est un nouveau format en quelque sorte. Avant on parlait des films muets devenus parlants, puis de l'arrivée de la télé. Mais aujourd'hui on est face à une transition immense aussi : que va-t-il rester dans les salles ? Est-ce qu'on va continuer à aller au cinéma ? Mais beaucoup de très bonnes idées, de projets géniaux, sont financés grâce à cet argent venant des grandes plateformes actuelles. Elles prennent le risque de financer des films qu'on n'aurait jamais imaginé avoir les moyens de financer il y a cinq ans, et là on le peut. On se demande aujourd'hui si telle histoire va devenir un film ou une série en six ou sept épisodes, mais on est au milieu de tout ça, on est dans une période de grand changement. 

BRAD PITT : Grâce à ces nouveaux services de streaming, grâce à ces plateformes, on voit de plus en plus de projets risqués, de talents, de réalisateurs, d'acteurs. C'est fascinant. On a beaucoup de chance d'arriver dans un film comme celui-ci c'est d'autant plus précieux que c'est de plus en plus rare. 

Pourriez-vous jouer dans un film uniquement diffusé sur Netflix ? 

LEONARDO DICAPRIO : Je suis prêt à toutes les expériences ! Le plus grand défi pour ces services c'est de sortir leurs films également en salle, et dans suffisamment de cinémas, car on veut quand même profiter d'un bon film avec le public, avec les autres, avec l'énergie des autres. C'est vrai que c'est totalement différent de regarder un bon film tout seul devant son ordinateur, mais s'ils arrivent à avoir le bon son, sur le bon grand écran, s'ils arrivent à avoir une bonne distribution en salle, je ne vois pas pourquoi ça ne serait pas l'avenir. 

Vous êtes des stars à succés dans le Hollywood aujourd'hui. Que manque-t-il au Hollywood d'aujourd'hui par rapport aux années 60/70? 

BRAD PITT : Il y a aujourd'hui des réalisateurs comme Quentin qui racontent des histoires originales, qui produisent des contenus originaux, à l'époque c'était "Bonnie and Clyde", "Easy rider" etc. qui pour moi sont les meilleurs films de l'Histoire. Nous, nous avons la chance de vivre cette expérience de nouveau, mais à cause du format de streaming, aujourd'hui, il est facile de rester à la surface. 

LEONARDO DICAPRIO : J'essaie de travailler avec les meilleurs réalisateurs possibles, j'ai vu tellement de bons scripts fichus à cause d'un réalisateur inadéquat. Ma nostalgie est moi est que je pense que le réalisateur est le boss, nous voyons et vivons les personnages et l'émotion avec ses yeux. Et il y a quelques dizaines d'années, les films les plus profonds qui ont été tournés sont ceux où le réalisateur avait le pouvoir de nous donner quelque chose, où il n'était pas totalement contrôlé par le studio, où il pouvait donner de lui même et pas forcément ce qu'attendait le public, quand les studios prenaient des risques. Oui je suis nostalgique de cette période. 

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