Mais que font nos invités quand à trois reprises au cours de l’émission nous diffusons une chanson ? Ils ne l’écoutent pas ! Et pour ne rien vous cacher, nous non plus puisque nous leur parlons. Par politesse évidemment et non par désintérêt pour une programmation musicale tellement enthousiasmante (ça, c’est fait…). Nous devisons donc à bâtons rompus. De tout et de rien ou de cinéma. Il faudrait laisser les micros ouverts, car dans ces intermèdes se nichent souvent des moments de vérité, d’émotion, de rire, de sincérité, … Ainsi de Barbet Schroeder qui, vendredi dernier, nous glisse dans demi-sourire et avec une gourmandise de chat à propos d’"Inju" : « Il faut voir mon film deux fois. Certaines scènes n’existent vraiment qu’à la deuxième vision. » Ainsi soit-il !Un peu plus tard (une chanson plus tard, donc…), il nous apprend que Bukowski a fait graver sur sa tombe la mention « Don’t try » ! Il me revient alors en mémoire d’escalier qu’au cimetière d’Avignon se trouve une tombe dont les inscriptions funéraires sont uniquement en caractères cyrilliques. Aucun Russe pourtant ne repose là, mais un Français décapité : Christian Ranucci. La justice a exigé cette dissimulation par peur peut-être que des pull-overs rouges ne viennent fleurir la sépulture… Mais revenons dans ce studio où se trouvait également Pascal Laugier, le réalisateur de Martyrs. À l’antenne, j’avais décidé de jouer franc jeu en lui disant que je n’avais pas eu le courage d’aller voir son film après m’être battu avec beaucoup d’autres pour qu’il ne soit pas interdit aux moins de 18 ans et qu’il puisse donc vivre. J’aurais pu aisément cacher cette faiblesse. J’ai préféré dire ma difficulté à souffrir dans une salle de cinéma face à des scènes disons « gore » pour faire vite. Hors antenne, Pascal Laugier m’apostrophe : « C’est curieux, cette difficulté. Vous avez pourtant vu "Funny Games", mais évidemment, c’est signé Haeneke… ». Sous entendu, lui, il a la carte et votre bienveillance avec. Nous n’avons pas le temps de discuter plus avant. Il a raison sur le principe, j’ai vu "Funny Games" première version à Cannes, à moitié enfoncé dans mon fauteuil et le visage caché entre mes mains la plupart du temps. Piètre spectacle que ce critique de cinéma refusant de voir l’écran, Laugier a raison. Mais, je ne suis pas allé voir le remake à l’identique de "Funny Games", preuve que même Haeneke ne peut pas tout.La phrase du jour : « Le roman noir était le fruit indispensable des secousses révolutionnaires dont l’Europe entière se ressentait : le noir est pathognomonique du grand trouble qui s’empare de nous. »Donatien de Sade, "Français, encore un effort pour être républicain !" dans "La philosophie dans le boudoir", Paris, 1795

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