Le film "Parasite" a triomphé à la cérémonie des Oscars, dimanche soir aux États-Unis. Comme chaque année, ce moment est aussi l'occasion pour les invités de se prêter au jeu des blagues, des chansons ou, parfois, des prises de parole engagées. Retour sur les extraits à côté desquels vous regretteriez d'être passés.

La 92e cérémonie des Oscars s'est déroulée dimanche au Dolby Theatre de Los Angeles
La 92e cérémonie des Oscars s'est déroulée dimanche au Dolby Theatre de Los Angeles © AFP / Mark Ralston

Chaque année, la cérémonie des Oscars réunit, au Dolby Theatre de Los Angeles, la crème de la crème du cinéma mondial. Cinéastes, acteurs et actrices, producteurs et productrices et poids lourds de l'industrie culturelle sont réunis pour applaudir les films qui ont marqué l'année. Et pour cette 92e cérémonie, c'est le film coréen "Parasite" de Bong Joon-ho qui a raflé le plus grand nombre de statuettes, devenant le premier film non-anglophone à remporter la récompense majeure, l'Oscar du meilleur film. 

Mais à côté du palmarès, les réseaux sociaux ont aussi frémi pour des séquences originales de la cérémonie : les chansons, les discours, les sketches des remettants suscitent toujours de nombreux commentaires. Voici ceux qu'il ne fallait pas manquer pour cette édition 2020.

Le fair-play de Boon Jong-ho avec Martin Scorsese

Le réalisateur coréen Boon Jonh-ho a été couronné de quatre Oscars, dont ceux très prestigieux du meilleur réalisateur et du meilleur film. Mais c'est à un autre réalisateur, nommé à ses côtés dans la catégorie du meilleur réalisateur, qu'il a consacré la quasi-totalité de son discours en venant chercher sa récompense : "Quand j'étais jeune et que j'étudiais le cinéma, j'avais un dicton ancré en moi, qui disait que ce qui est très personnel est aussi très créatif. Et ce dicton, il était du grand Martin Scorsese". 

En plein milieu du discours de remerciements du cinéaste, c'est donc un autre réalisateur qui a eu droit à une standing ovation. "Quand j'étais à l'école, j'étudiais beaucoup les films de Scorsese, être nommé à ses côtés était déjà un honneur", a-t-il poursuivi, rendant aussi hommage à Quentin Tarentino, qui "a été le seul à mettre [ses] films sur sa liste". 

Hildur Guðnadóttir primée : pour la première fois depuis 23 ans, une femme récompensée pour une musique de film

Certes, cette année était la première à voir un film non-anglophone remporter l'Oscar du meilleur film. Mais c'était aussi la première fois depuis 23 ans qu'une femme était récompensée dans la catégorie "Meilleure musique de film". La compositrice islandaise Hildur Guðnadóttir a reçu la statuette pour sa partition du film Joker. 

"Aux filles, aux femmes, aux mères, aux filles, à toutes celles qui entendent la musique en elles, je vous en prie, prenez la parole. Nous avons besoin de vos voix". 

Il faut remonter à 1997 et 1998 pour voir respectivement Rachel Portman et Anne Dudley remporter ce prix pour les films "Emma, l'entremetteuse" et "The Full Monty" (dans la section "films de comédie" à l'époque où drames et comédies étaient encore séparés). 

Rebel Wilson et James Corden, hilarants "Cats" sur scène

Ils sont venus remettre l'Oscar des meilleurs effets spéciaux : les comédiens James Corden et Rebel Wilson sont venus déguisés en leurs personnages du film "Cats", reconnu comme l'un des plus gros accidents industriels de l'année ciné, critiqué pour la mauvaise qualité de ses effets spéciaux notamment. "En tant que membres du casting du film "Cats", personne mieux que nous ne peut comprendre l'importance de bons effets visuels". 

Avant de remettre le prix, ils ont joué avec le micro comme des chats mal élevés... donnant lieu à la séquence la plus surréaliste de la cérémonie. Rebel Wilson s'était déjà amusée de l'absence de "Cats" parmi les nommés, la semaine dernière aux BAFTA. 

La diversité, Amazon, etc. : le discours d'ouverture de Chris Rock et Steve Martin

Pas de présentateur ni de présentatrice pour cette cérémonie : c'est la décision prise par les organisateurs pour dynamiser un rendez-vous moins suivi par les Américains à la télévision. Mais en ouverture, les comédiens Chris Rock et Steve Martin ont assuré ensemble le monologue d'entrée, et ont lancé des piques au patron d'Amazon, Jeff Bezos, présent dans la salle, ainsi qu'au manque de diversité. 

"Il y a tellement de grands réalisateurs qui sont nommés...        
- Mais je ne sais pas, j'ai l'impression qu'il manque quelque chose...        
- Des vagins ?        
- Ouais, c'est ça"

Voici le discours intégral - dans un format également raccourci par rapport aux années précédentes - traduit par les équipes de Canal Plus, qui diffusait la cérémonie en France :

Eminem sur scène... avec 17 ans de retard

Les invités présents au Dolby Theatre ont eu la surprise de voir débarquer sur scène... Eminem. Le rappeur américain, qui a sorti par surprise un nouvel album il y a quelques semaines, est venu interpréter le titre "Lose Yourself"... plus de 17 ans après sa sortie. Eminem finit ainsi une histoire commencée en 2003 : à l'époque ce titre avait remporté l'Oscar de la meilleure chanson originale dans le film "8 mile", mais Eminem n'était pas dans la salle. L'organisation lui avait demandé d'interpréter une version censurée du titre, ce qu'il avait refusé. 

La pique politique de Brad Pitt

Vous avez certainement entendu l'émotion du discours de Brad Pitt, qui recevait enfin dimanche son premier Oscar en près de 30 ans de carrière... mais avez-vous fait attention au début de son discours ? Lauréat de l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour "Once upon a time... in Hollywood" de Quentin Tarantino, il a profité des 45 secondes de temps de parole accordés pour faire une blague contre Donald Trump et son camp. 

"On m'a dit que j'avais 45 secondes... ça fait 45 secondes de plus que ce que le Sénat a donné à John Bolton cette semaine", a-t-il déclaré, faisant référence au fait que le Sénat a rejeté la proposition d'entendre de nouveaux témoins - dont l'ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton - dans le cadre de l’impeachment qui vise Donald Trump. Outre-Atlantique, la blague n'est pas passée inaperçue... pas plus que celles qu'il avait faites, la semaine dernière par correspondance, aux BAFTA à Londres, sur le Brexit et la famille royale. 

Le moment (faussement) gênant de Kristen Wiig et Maya Rudolph

Toutes deux révélées par le Saturday Night Live, les deux comédiennes ont offert sur scène un numéro de mauvais jeu exagéré, monté comme une opportunité pour elles de se faire remarquer par les nombreux réalisateurs présents dans la salle. 

Ce sketch, qui présentait le prix des meilleurs décors, a été suivi par une petite chanson sur le thème des costumes, pour présenter l'Oscar des meilleurs costumes. À en croire les regards d'une partie du public, tout le monde n'a pas saisi l'humour décalé des deux actrices. 

Indina Menzel réhabilitée

Il y a six ans, le monde découvrait Indina Menzel, star de Broadway et interprète du tube planétaire "Let It Go", mieux connu en France sous son titre en VF "Libérée, délivrée". Mais apparemment, John Travolta avait un temps de retard, et avait mal lu le prompteur : Indina Menzel  était devenue "Adele Dazeem". Cette année, le comédien Josh Gad a rétabli la réalité, et a présenté : "Indina Menzel... prononcé exactement comme ça s'écrit", comme un clin d’œil à son prédécesseur

La prestation d'Indina Menzel sur "Into the unknown" ("Dans un autre monde") s'est distinguée par le fait que des interprètes du monde entier sont venues chanter le titre dans leur langue.  

Billie Eilish et son "Yesterday"

Dans un registre radicalement différent de son répertoire habituel, la chanteuse Billie Eilish a proposé une version du titre des Beatles, "Yesterday". Pendant la chanson, sur les écrans de la scène, s'affichaient les noms et photos des personnalités disparues cette année, dont le basketteur Kobe Bryant, qui avait co-réalisé en 2018 le court métrage d'animation "Dear Basketball", lauréat d'un Oscar - mais aussi Terry Jones, Agnès Varda, Anna Karina et Kirk Douglas. 

Hors scène, le surprenant Taika Waititi

Lauréat d'un Oscar pour le meilleur scénario adapté, le réalisateur Taika Waititi s'est plié à l'exercice des questions à la presse après sa victoire. Mais l'une de ses réponses a surpris les journalistes.... et l'Internet mondial. À une question qui lui demandait ce dont les auteurs de films ont besoin, il a répondu : "Apple doit réparer ses claviers ! Ils sont de pire en pire, j'en suis revenu au PC". 

Dans la soirée, le public s'est également amusé de voir le réalisateur cacher discrètement son Oscar sous son siège, après avoir regagné la salle. 

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