Quentin Tarantino, Terrence Malick, Ken Loach, Xavier Dolan ou encore Marco Bellocchio... Pourtant très attendus, aucun d'eux n’apparaît dans le palmarès final. Retour sur tous les grands perdants de cette édition 2019 du Festival de Cannes et des critiques émises dans le cadre du Masque et la Plume.

Brad Pitt, Leonardo Di Caprio et Quentin Tarantino en conférence de presse pour "Once Upon a Time... in Hollywood
Brad Pitt, Leonardo Di Caprio et Quentin Tarantino en conférence de presse pour "Once Upon a Time... in Hollywood © AFP / SÉBASTIEN BERDA / AFP

Tiré des critiques d'Eva Bettan (France Inter), Sophie Avon (Sud-Ouest), Michel Ciment (Positif), Xavier Leherpeur (7ème Obsession) et Nicolas Schaller (L'Obs) dans le cadre du Masque et la Plume

"Michel Ciment

L'Amérique est totalement absente

Quentin Tarantino avec "One Upon a Time... in Hollywood"

Eva Bettan

La presse américaine n'a pas été bonne

C'est pour son style si décalé et si reconnaissable, ses fins toujours inattendues et le pari de ses castings explosifs que le dernier film de Quentin Tarantino figurait comme le plus attendu de cette 72e édition. Pourtant, même si le cinéaste de 56 ans crée la sensation avec "Once Upon a Time in Hollywood" en réunissant deux légendes d'Hollywood, Leonardo Di Caprio et Brad Pitt, il quitte Cannes sans avoir remporté de prix. Son dernier prix remonte à 1994 où il avait remporté la Palme d'or avec "Pulp Fiction". 

Michel Ciment poursuit : "Certes, il fait partie des cinq films préférés de la presse française et étrangère mais je n'aime pas beaucoup le film. Je l'ai toujours défendu mais il m'a profondément déçu. Cela ne me choque pas du tout".

Terrence Malick pour "Une vie cachée"

Xavier Leherpeur :

Le film de Terrence Malick est un film très faible, très creux

Auquel Michel Ciment répond que : "le film est sublime au sens strict du mot car il dit non dans une époque où tout le monde dit oui. C'est un film qui s'adresse à tout le monde aujourd'hui". 

Second grand réalisateur américain sur la Croisette à ne pas avoir été récompensé cette année pour "Une vie cachée", Terrence Malick avait obtenu la Palme d'or en 2011 avec "Tree of Life". Dans son dernier film, il plonge son spectateur dans l'âme d'un paysan autrichien qui s'oppose au régime hitlérien avec la force de l'amour et de la foi. Voici ce qu'en ont pensé nos critiques aux côtés de Jérôme Garcin :  

Nicolas Schaller : "Je pense que le discours d'Alejandro Gonzalez Iñárritu, président du jury de cette 72e édition, avant de remettre la palme d'or, est adressé d'une certaine manière à Terrence Malick car il fait référence à l'existence d'une certaine poésie très importante dans certains films, qui fait référence à un monde menacé par une démocratie déclinante. C'est pourquoi Terrence Malick a dû être sérieusement discuté. 

Sophie Avon

Il ne laisse pas la place au spectateur

Ajoutant que "pour cette fois, bien qu'il soit un très grand cinéaste, il n'a pas sa place [...] Le côté papal, solennel et emphatique me déplaît". 

Michel Ciment poursuit en constatant qu'"aucun des films américains n'a été primé". Tout en reconnaissant au jury "une vraie cohérence dans leurs choix", il se demande "pourquoi tant de grands cinéastes sont totalement absents avec d'aussi grands films", exprimant "plusieurs regrets comme Marco Bellocchio, Terrence Malick et Pedro Almodovar : trois films qu'il estime "considérables ignorés au profit de certains films très surfaits". 

Ken Loach  malgré « Sorry We Missed You »

Le cinéaste britannique Ken Loach présentait "Sorry We Missed You" dans lequel il signe une critique globale de l’uberisation du monde du travail. Il entend traduire l’altérité des rapports humains suscitée par l'évolution du système économique en général à travers un couple d'employés fragilisé par cette pression sociale. Prix du jury en 2012 pour "La part des anges" et palmé d’or en 2016 pour "Moi, Daniel Blake, le réalisateur n'a pas été récompensé cette année. 

Xavier Dolan pour "Matthias et Maxime".

Le réalisateur Xavier Dolan s'était déjà distingué en remportant, en 2016, le Grand Prix à Cannes. Mais son dernier film "Matthias et Maxime" n'a pas été retenu. Il y fait vivre une histoire d'amour, celle de deux amis qui se connaissent depuis l'enfance. 

Nicolas Schaffer : "Je ne suis pas très frustré par l'absence de Xavier Dolan, de Ken Loach, de Marco Bellocchio qui ont fait, somme toutes, des films assez mineurs.

Marco Bellocchio et « Le traître » 

Le cinéaste de 79 ans Marco Bellocchio est venu présenter son dernier film "Le traître" qui se déroule dans l'Italie du début des années 1980, où les différents parrains de la mafia sicilienne se livrent une véritable vendetta. Un scénario dramatique qui met en scène la figure du mafieux repenti Tommaso Buscetta, incarné par Pierfrancesco Favino, qui bouleverse la lutte contre Cosa Nostra. Toutefois, cela n'a pas suffit.. 

Xavier Leherpeur : "Ce n'étaient peut-être pas d'aussi grands films. Que ce soit Marco Bellocchio, Xavier Dolan, Quentin Tarantino et Terrence Malick, les films n'étaient pas bons". 

Sophie Avon :  

Pour bien raconter, il ne faut pas montrer, il faut donner envie de voir

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