À l'occasion de la sortie du nouvel épisode de la série Alien, qui terrifie les foules depuis 1979, retour sur six autres créatures qui ont tenté de nous faire aussi peur.

Ridley Scott lors de l'avant-première de "Alien : Covenant" à Londres
Ridley Scott lors de l'avant-première de "Alien : Covenant" à Londres © Reuters / Neil Hall

Il y a presque 40 ans, Ridley Scott présentait à des cinéphiles tétanisés le "xénomorphe", une créature organique dont la double mâchoire, les griffes acérées et les fluides corporels plus ou moins acides faisaient vivre un enfer à Sigourney Weaver, à son équipage et même à son chat. Un monstre de cinéma comme on en fait peu, qui reviendra régulièrement dans des épisodes parfois brillants, parfois paresseux. Quitte à faire de l'ombre à d'autres, qui pourtant ont eux aussi leurs arguments pour vous clouer au fauteuil (plus ou moins littéralement).

"Predator" : l'adversaire

Près de dix ans après Alien, le Mozart du film d'action John McTiernan réalise "Predator", avec son acteur fétiche Arnold Schwarzenegger. Ce dernier, d'abord présenté comme le traditionnel héros de film de guerre invincible, va se retrouver en difficulté face à une créature extra-terrestre particulièrement vicieuse, dissimulée et adepte de la chasse. Le film est nettement plus tourné vers l'action, mais réserve quelques délicieux frissons.

Plus évolué que l'Alien de Ridley Scott (mais un peu moins subtil), le Predator en deviendra l'adversaire privilégié dans plusieurs comics, jeux vidéo et (plutôt mauvais) films habilement intitulés "Aliens vs. Predator".

"The Thing" : chair inhumaine

En 1982, le maître du fantastique John Carpenter s'empare de la thématique de l'extra-terrestre hostile lancée par Ridley Scott, en troquant l'espace où "personne ne vous entendra crier" pour les étendues glacées de l'Antarctique, où ce n'est franchement pas beaucoup mieux. Il y organise la rencontre entre une équipe de scientifiques et la "chose", un monstre capable de prendre l'apparence d'autres êtres vivants, pour prendre leur place petit à petit.

Le film joue en permanence sur le soupçon des héros les uns envers les autres, chacun soupçonnant l'autre d'être en fait la créature, nettement plus fragile que l'Alien mais bien plus astucieuse.

"Mimic" : la créature contre son créateur

Film injustement méconnu du réalisateur mexicain Guillermo del Toro, Mimic est un film de monstre classique mais d'une redoutable efficacité... Si l'on oublie son synopsis un peu ridicule (pour éradiquer des cafards porteurs d'une maladie, des généticiens créent une espèce de cafard mutante qui va finir par faire une poussée de croissance et se découvrir un certain goût pour la chair humaine), le film vaut pour son ambiance assez malsaine dans les sous-sols new-yorkais et ses créatures étranges portant des visages humains comme des masques.

Le film, largement retouché par la production, est mal-aimé par son réalisateur lui-même, qui finira par en réaliser un nouveau montage pour exorciser ses insectes cauchemardesques.

"Pitch Black" : dans le noir, personne ne vous verra crier

En cette dernière année du XXe siècle (l'an 2000), le concept du "monstre de l'espace" est un peu moribond. C'est un "petit" film d'un quasi-inconnu, David Twohy, qui va lui donner un sacré coup de fouet. Dans Pitch Black, l'équipage d'un vaisseau spatial se retrouve coincé sur une planète hostile où vivent de terribles monstres craignant une seule chose : la lumière. Heureusement, il ne fait jamais nuit sur cette planète. Malheureusement, une éclipse arrive, qui plongera tout le monde dans le noir pour une durée indéterminée...

Tout le génie de Pitch Black est de jouer avec une idée : le "monstre", "l'Alien" du film n'est pas forcément l'une des créatures. Il pourrait bien être Riddick, le personnage principal joué par Vin Diesel, meurtrier psychopathe en liberté et nyctalope (capable de voir dans le noir). Un peu comme si Hannibal Lecter était le seul espoir de survie de l'équipage d'Alien...

"The Faculty" : les ados et l'ennemi intérieur

De petites sangsues parasites se sont installés dans l'organisme des professeurs d'un lycée américain et comptent bien en faire la première étape de leur conquête du monde. Ici, ce qui compte c'est moins le monstre (un alien vindicatif qui veut remodeler l'humanité à son image) que la galerie de personnages. Le tout fait frissonner de temps en temps et rire beaucoup, avec ses scènes décalées et gentiment subversives, comme celle où les héros adolescents du film découvrent que les aliens sont allergiques à... la drogue.

"The Faculty" est un mariage assez unique entre le talent de réalisateur de Robert Rodriguez ("Une Nuit en Enfer", "Desperado", "Sin City") et celui du scénariste Kevin Williamson (auréolé à l'époque du succès de "Scream", qu'il avait écrit deux ans auparavant). L'affrontement final contre la maman de toutes les créatures, dans une piscine scolaire, vaut le détour.

"Cloverfield" : Alien prend sa retraite à Manhattan

Caméra à la main, le héros de "Cloverfield" filme une grande fête entre amis au cœur de New-York. Pas de chance, c'est le moment que choisit une gigantesque créature, que l'on n'apercevra que par ellipses durant les 81 minutes haletantes que dure cette fuite désespérée, pour attaquer la ville. Filmé comme un documentaire, "Cloverfield" a donné un sacré coup de jeune au genre, en montrant non pas l'affrontement entre une poignée d'humains et le monstre, mais les conséquences directes de ce combat sur les civils ordinaires.

Notez que la suite du film (intitulée "10 Cloverfield Lane"), si elle n'a qu'un lien très lointain avec l'histoire originale, est un petit bijou d'angoisse claustrophobe.

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