Chantal Lauby, mère touchante et désaxée dans "Jour J" de Rheem Kherici au cinéma bientôt, a parlé comédie, "La Strada", Fellini avec Augustin Trapenard et elle en a bien parlé...

Giulietta Massina dans La Strada
Giulietta Massina dans La Strada © Maxppp / picture-alliance

Chantal Lauby n’est pas comédienne, elle est actrice. Comédienne, il y a « un côté trop sérieux ». Actrice, elle est souvent une maman à l’écran. Dans la vie, tout le temps. Elle est la maman que l’on veut, elle est la maman que l’on ne veut pas mais que l’on aime quand même.

Quand Augustin Trapenard lui demande ce qu’elle voudrait et pourrait jouer, elle nous répond qu’elle pourrait être un homme, mais muet (elle trouve qu’elle a une voix « cul-cul »). Elle est encore Odile Deray dans sa tête. Elle dit des gros mots avec une voix « cul-cul ».

On connait tous Chantal Lauby, mais connaît-on ses goûts pour le cinéma italien ?

Dans cette carte blanche, elle évoque le film La Strada de Federico Fellini. Tourné en 1954 avec Anthony Quinn, Giuletta Masina et Richard Basehart, le film traite de la relation entre une jeune fille vendue par sa mère (qui pourrait difficilement être jouée par Chantal Lauby) et un forain costaud. Ce film, c’est aussi l’histoire de deux hommes qui se battent pour une femme. Le problème, c’est qu’aucun ne finit par l’avoir…

Ce que j’aimais chez elle, c’est cette manière qu’elle avait de regarder cette grosse brute d’Anthony Quinn.

Chantal Lauby est fan du cinéma italien. Il y a de quoi.

Elle est touchée par la naïveté du personnage de Giuletta Masina qui regarde son grand costaud de clown avec fierté et amour, alors qu’il la bat. Écoutez Chantal Lauby parler de ce film et ressentez, car cette voix « cul-cul » alliée à la musique de La Strada, par Nino Rota, c’est tout de suite l’émotion... Vous devez connaître cette musique. Si ce n’est pas le cas, délectez-vous…

Quand La Strada sort en 1955 en France, il est accueilli de manière très positive par la presse française, alors qu’il est vivement critiqué par la gauche en Italie. L’Aurore parle de « chef d’œuvre d’art cinématographique ». Tous les journaux (Combat, Le Figaro, Le Canard enchainé) insistent sur le néoréalisme (mouvement du cinéma italien d’après-guerre), sur la beauté des plans et du paysage italien, sur la simplicité des personnages et de l’histoire. Le film a également reçu des prix à la Mostra de Venise et aux Oscars.

Je l’ai vu petite et ensuite impossible de trouver les cassettes. Alors je l’ai imaginé et fantasmé dans ma tête, je l’ai réécrit. Un jour, on m’a trouvé la cassette. Quand je l’ai regardé, je me suis rendu compte que j’avais rajouté 10-15 minutes au film.

La jeune génération n’a pas connu l’émotion que raconte Chantal Lauby : celle de voir un film sans pouvoir se ruer à la Fnac pour acheter le dvd trois mois plus tard. C’est l’émotion que nous obligeait à graver chaque image dans notre mémoire car nous n’étions pas sûrs de pouvoir revoir le film. Alors on imagine, on réécrit le film. Et quand enfin on tombe sur un K7, on se réenchante, c’est la magie du cinéma

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