Steven Soderbergh a le mérite, en tant qu'américain, de déplaire à G Bush (qui lui a mis un nombre de bâtons dans les roues incroyable!) en s'attaquant à une icône révolutionnaire : le Che. Mais son film en deux parties, le renversement de Batista à Cuba puis son échec en Bolivie et sa mort, n'adopte aucun parti pris clair. Comme s'il refusait tout romantisme et s'interdisait tout romanesque, Soderbergh filme à hauteur d'herbes. Il s'agit de suivre l'avancée dans la campagne du Che, de Fidel Castro et des leurs, direction la Havane. C'est long, et toujours pareil. Intéressante, la manière douce que le héros argentin adopte pour convaincre les paysans de s'enroler à ses côtés : le médecin soigne, soulage, parle gentiment et respecte les opposants : surtout ne pas voler! Mais à part ce portrait d'un homme bien (et pourtant plus ambigu : ne lui reproche-t-on pas d'avoir du sang sur les mains? C'est à peine évoqué), le film est plat.L'amour est à peine esquissé, les femmes très absentes, la relation avec Fidel, peu abordée. Le second film est plus intéressant, car le Che décline, ses amis le quittent, ses assauts échouent et le tragique avance. Pas de pathos, jamais, la lumière est magnifique, les images splendides, c'est impeccable, mais sans souffle, sans fièvre ni ferveur. On se dit soudain que Terrence Mallick (les Moissons du ciel, la ligne rouge...) aurait trouvé plus de spiritualité dans ce projet fou de porter la révolution à travers l'Amérique latine, plus de communion entre les hommes et la nature, bref que Mallick aurait réussi le film que Soderbergh rêvait de réaliser.

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