Devant le Palais des Festivals vers 15 heures aujourd’hui. Je suis en compagnie d’un homme de télévision et de cinéma. Quand je le quitte, une spectatrice au fort accent britannique me dit : « Pardon, Monsieur, mais ce n’est pas Jean-Luc Godard qui était avec vous ? »… Puissance de l’absence : elle voit des Godard partout.Peu avant dans la salle de projection du Stephen Frears, ma voisine, une inconnue au fort accent britannique (pas la même mais décidément…) me demande ce que j’ai pensé du film de Mathieu Amalric. Nous tombons tout de suite d’accord pour lui trouver toutes les qualités du monde. Mais ma voisine de continuer en dénigrant a contrario le film de Bertrand Tavernier. Je lui réponds diplomatiquement que cela prouve la belle richesse et le bel éclectisme du cinéma français. Elle en convient, mais m’assure qu’elle ne veut pas s’intéresser à Tavernier. Je lui dis qu’elle a peut-être ponctuellement raison mais globalement tort et de lui vanter les mérites de « Que la fête commence » pour rester dans la France d’Ancien Régime quand elle est peinte par Tavernier. Je crois que j’ai donné à mon interlocutrice l’envie de voir Noiret, Rochefort, Marielle et Christine Pascal la lumineuse, l’incandescente. Un confrère critique de cinéma me conseille vivement de lire le nouveau roman de ma consœur critique de cinéma Sophie Avon, « Les belles années » (éditions Mercure de France), car, selon lui, je vais m’y retrouver. Enigmatique formule qui me donne envie de lire ce roman sur lequel un article très élogieux de Jérôme Garcin avait déjà attiré mon attention. Et puis, sans toujours être d’accord avec elle, j’aime bien les interventions de Sophie Avon dans « Le Masque et la plume », car on y sent toujours la romancière pointer son nez sous le regard de la critique ! Je vais donc la lire. Intrigué…« C’est le plus mauvais film de cette année ». Jugement définitif d’un confrère en sortant de la projection du nouveau film d’Abbas Kiarostami avec Juliette Binoche, « COPIE CONFORME ». Je ne le partage pas, mais je n’ai aucune envie de croiser le fer à cet instant.Rencontre avec Vincent Josse, l’ami-confrère d’Inter. On se dit que cette année nos blogs sont presque au diapason sur les films. On en viendrait à regretter nos joutes de l’an passé. On vieillit ?!Croisé sur les coursives d’un bateau télévisuel, un couple dont l’homme explique en anglais à sa compagne que Cannes est un festival de cinéma. C’est bien cette relativisation spontanée. A force de se croire au centre du monde…Au dîner, ma voisine de table, la sœur charmante d’un collègue et surtout ami, reçoit un appel téléphonique : la Palme ira au film d’Inarritu. C’est ça Cannes : un film, un scoop, une Palme juqu’au lendemain et au suivant jusqu’au palmarès.Demain ? Beauvois et Iosselani, entre autres. Et puis à 15h00 « LA BATAILLE DU RAIL » de René Clément et au même moment dans une autre salle « BOUDU SAUVé DES EAUX » de Renoir, tous deux en version restaurée. Qu’est-ce que ça m’aurait plus de les revoir sur grand écran…

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