J’emprunte le titre de ce billet à l’apostrophe que lance Benoit Poelvorde à Olivier Gourmet dans le trop méconnu « Cowboy » de Benoit Mariage. Oui, nous dormons tous ou presque dans le TGV de 12h42 qui, en partance de Paris Gare de Lyon nous conduit directement à Cannes. Nous ? Une bonne poignée de critiques de cinéma, venus notamment de « Télérama » ou de CanalSat . Les hasards de la réservation ferroviaire aidant, on n’ose imaginer ce qui pourrait germer dans la tête arriviste d’un jeune critique de cinéma avide de piquer leur place aux confrères en place : une bombe bien placée dans la voiture n°1 et c’est une kyrielle de postes vacants dans de bonnes rédactions qui s’offriraient à lui. Comme disait l’autre, « Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables ». Certes… Profitant du voyage, je prends le temps de lire « Le Film français », l’un des deux hebdomadaires des professionnels du cinéma, qui est donc au 7e Art ce que Libre Service Actualité (LSA) est à la tête de gondole. Je m’arrête à sa une. Du moins à sa première Une, celle qui précède la véritable une rédactionnelle et qui, en fait, est un espace publicitaire acheté en l’occurrence par le distributeur d’un film sortant le 6 août prochain. Je vous livre in extenso, sans ajout ni omission, son contenu : Première accroche : « Il n’y a pas que dans les soirées cannoises que l’on peut se faire sucer ». Puis le titre du film : « Les Dents de la nuit » Puis l’accroche du film : « Une comédie avec des vampires dedans. », suivi du casting du film (Tchecky Kario, Julien Boisselier, Sam Karmannn, etc) et pour conclure la date de sortie donc : « Au cinéma le 6 août. » C’est moche de vieillir : on devient de plus en plus sensible. Avant cette accroche m’aurait peut-être fait sourire. Aujourd’hui… Et pourtant, je le sais bien que pub rime avec pute et publicité avec vulgarité. Et je sais que je viens de faire ce qu’il fallait surtout éviter : faire de la pub à la pub. A la vulgarité assumée ajouter le commentaire qui amplifie…. Je n’étais pas obligé d’en parler. Pas plus que le journal en question n ‘était obligé de la passer… soit dit en passant ! Pendant ce temps, quels chiffres pour les Ch’tis ?

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