Pendant le Festival de Cannes, coup de projecteur sur Lino Ventura avec cette brillante biographie dessinée du "tonton flingueur" décédé en 1987 qui met en lumière un homme devenu acteur par hasard.

Détail de la couverture de "Lino Ventura et l’œil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry
Détail de la couverture de "Lino Ventura et l’œil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry © Glénat

Manager de catcheurs, après avoir été lutteur et catcheur lui-même, Lino Ventura se retrouve en 1953 dans le bureau du producteur du futur film de Jean Becker, Touchez pas au grisbi. On lui propose un rôle dans ce polar avec Jean Gabin. Ennuyé, ne sachant pas comment refuser poliment, il tente un coup et demande un cachet d’un million de francs. Une somme énorme, surtout pour une première apparition au cinéma, qu’il sait qu’on va lui refuser. Mais à sa surprise, le marché est conclu. Sa carrière au cinéma va commencer.

C’est sous forme de faux entretiens menés par un journaliste "crampon" qui court après l’acteur, que les deux auteurs de Lino Ventura, l’œil de verre, Arnaud Gouefflec et Stéphane Oiry, ont choisi de raconter sa vie. Habile technique qui permet de mettre en scène Lino Ventura de sa naissance en Italie, et de ses premières années auprès d'une mère femme de ménage, dont il va conserver un sens de l’ordre, à sa mort en 1987. C’est marqué par le rôle du comédien dans Un Papillon sur l’épaule de Jacques Deray, qu’Arnaud Le Gouëfflec s’est lancé dans la rédaction. Le dessinateur a, lui, un lien avec le cinéma depuis qu’il a fait son objection de conscience dans une salle d’art et essai.

Détail d'une planche de "Lino Ventura et l'oeil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry
Détail d'une planche de "Lino Ventura et l'oeil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry / Glénat

Un ouvrage qui mêle vie et carrière

« L’œil de verre », c’est ainsi que Lino Ventura a désigné la caméra, la première fois qu’il s’est trouvé en face d’elle… C’est dire, combien l’ancien lutteur n’était pas en confiance face à l’objectif. Le livre aborde sa venue en France pour retrouver son père disparu dans la nature, ses rôles, sa technique (il a beaucoup regardé Jean Gabin dans Pépé le Moko), raconte des anecdotes (une cuite avec Robert Mitchum), ses amis, la naissance de sa fille handicapée à l’origine de la création de l’association Perce-neige…

La bande dessinée révèle un homme au physique massif mais à la pudeur extrême (ce qui va le pousser à refuser un tas de rôles dont celui de Philippe Noiret dans Le vieux fusil). Le dessin en trame benday donne un côté très cinématographique à la BD. Un hommage futé à l’acteur de L’Armée des ombres et des Tontons flingueurs.

Lino Ventura et Jean Gabin dans le détail d'une planche de "Lino Ventura et l’œil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry
Lino Ventura et Jean Gabin dans le détail d'une planche de "Lino Ventura et l’œil de verre" d'Arnaud Le Gouëfflec et Stéphane Oiry / Glénat

Comment dessiner Lino Ventura, la leçon de dessin de Stéphane Oiry

Feuilleter quelques planches de la bande dessinée 

📖  Lino Ventura, l’œil de verre d’Arnaud Le Gouefflec et Stéphane Oiry, collection 9 ½, chez Glénat

Sur le cinéma en BD, lire aussi : 

  • Le manga The red hat in Hollywood d'Osamu Yamamoto paru chez Vega : un manga très documenté sur le maccarthysme, cette chasse au sorcières qui a frappé Hollywood dans les années 1950.
  • Hollywood menteur de Luz sur Marilyn Monroe, et le tournage des Misfits.
  • Opération Copperhead de Jean Harambat sur David Niven et Peter Ustinov.
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