"Un divertissement du dimanche", "un plaisir coupable malgré quelques agacements", "une bande-son magnifique et un film divertissant", ou "un film dénué de tout charme". Qu'ont pensé les critiques ciné de l'émission du "Masque et la plume" du film de Craig Gillespie avec Emma Stone et Emma Thompson ?

Emma Stone
Emma Stone © Disney Enterprises, Inc.All Rights Reserved

La présentation par Jérôme Garcin : "Un film qui fait partie de la volonté des studios Disney d'adapter en prise de vue réelles ses grands classiques du cinéma d'animation. Cruella c'est Emma Stone dans le rôle-titre et Emma Thompson dans celui de sa rivale, la très snob baronne von Hellman. 

L'intrigue se situe bien avant Les 101 Dalmatiens. Estella est une orpheline qui dans le Londres des années 1970 veut se faire un nom dans la mode. Elle est remarquée par la baronne von Hellman.

Jusqu'au jour où Estella comprend que la baronne n'est pas totalement étrangère à la disparition de sa mère. Poussée par les  101 Dalmatiens, elle va se métamorphoser en Cruella d'enfer." 

Charlotte Lipinska : "Un divertissement du dimanche soir"

'Je n'y ai pas pris du tout de déplaisir. C'est même une sorte de plaisir coupable. Oui, le film est interminable. Oui, les effets spéciaux des chiens ne sont pas très réussis et ce n'est pas toujours heureux esthétiquement. 

Mais je trouve qu'il y a quelque chose. 

Cela va vite, ça part même dans tous les sens. Cruella ratisse un peu large dans les genres cinématographiques ! Pendant un quart d'heure, c'est un film de casse, avant de devenir un film de vengeance parsemé de comédie anglaise dans les répliques. 

Très clairement, Disney a la volonté de réhabiliter ses grandes méchantes. Là où le film me plaît moins : 

Cruella a arrêté de fumer. Et pour être très politiquement correct et coller à la diversité demandée sur les écrans, on change la couleur de peau des futurs Roger et Anita des 101 Dalmatiens…

J'ai eu plaisir à voir Emma Thompson s'amuser à être plus méchante que toutes les méchantes. C'est assez rigolo. Il y a une sorte de guerre d'ego entre les deux personnages et actrices. Je me demande si un jour, on fera un film dans le milieu de la mode où ce ne sont pas des monstres d'ego ou d'orgueil…  C'est un divertissement du dimanche soir." 

"On sent l'amusement d'Emma Stone"
"On sent l'amusement d'Emma Stone" / Cruella/Craig Gillespie/Disney

Xavier Leherpeur : "Malgré quelques agacements, Cruella est un plaisir coupable"

"Il y a plein de choses qui m'agacent : comme d'habitude, les méchants le sont suite à des traumas d'enfance. Quand ce n'est pas le père, c'est la mère… Ce sont toujours les mêmes vieilles recettes, le même vieux tiroir qu'on ressort. Mais il y a trop de casse. Il y a trop de juke box. Il y a trop de musique pour accompagner. Il y a trop de robes. 

Et pourtant, je n'ai pas détesté. Il y a un petit plaisir coupable : le crêpage de chignon, puisqu'il faut nommer les choses telles qu'elles sont. Il y a un arrachage de vêtements ! Et il y a deux ou trois trouvailles super queer dans le film qui m'ont ravi. En revanche, Emma Stone, je la trouve un peu sage. J'aurais aimé Helena Bonham Carter d'il y 10 ans. J'aurais presque préféré un garçon. Cruella fait partie de ces méchants travestis de l'univers Disney. 

Emma Thompson me fait un plaisir fou en disant qu'elle s'est inspirée de Joan Collins dans Dynasty. Pour moi, elle est l'icône de la méchanceté ! C'est celle qui tue son mec pour hériter au premier épisode en couchant avec ! On ne fait pas mieux comme méchante. Et là, on ne fait pas mieux qu'Emma Thompson pour jouer la garce. C'est un plaisir coupable !"

Eric Neuhoff : "Une bande-son magnifique, un film très divertissant"

"Deux Emma pour le prix d'une. Moi, j'ai beaucoup aimé. Il y a un quart d'heure de trop, mais c'est très divertissant. Et puis, il y a une bande son magnifique avec Supertramp, Clash. Ça se termine avec Sympathy for the Devil. 

On apprend un tas de trucs : que Cruella s'appelle en réalité Estella. Pourquoi Cruella De Vil ? C'est à cause du modèle d'une voiture qui s'appelle Deville. Il y a un tas de choses bien fichues sur le milieu de la mode qui est très bien décrit. 

C'est un mix entre Fantom thread version féminine et déjantée et Drôle de frimousse sauce King's Man. Et j'ai appris quelque chose. Julian Barnes est l'ayant droit de Tony Smith qui a écrit le roman original. Alors j'attends de savoir ce qu'en pense l'auteur du Perroquet de Flaubert. Le film manque un peu de Dalmatiens, mais un chihuahua rattrape la chose." 

Jean-Marc Lalanne : "Un film dénué du moindre charme"

"Ce film est absolument dénué du moindre charme. Le film essaye sans arrêt de se faire passer pour ce qu'il n'est pas. Il agite très fort les signes de la subversion du punk. Il y a Supertramp, du glam rock… tout ça se mélange. Ce n'est pas très grave. C'est une espèce de bouillabaisse un peu indigeste des signes de la pop culture, avec une fausse fascination pour un personnage censé incarner la cruauté. Et au fond, on balance du stéréotype ultra manichéen au fond, avec une vraie méchante. Et finalement, Cruella, est une gentille

Je trouve ce film extrêmement édulcorée dans ce qu'il propose. Dans mes souvenirs d'enfance, je me souviens de la scène de poursuite en voiture de descendre Dalmatiens comme une scène horrifique extrêmement puissante avec l'accident de voiture dans le ravin. Là, c'est un film qui ne bien rien au sérieux, y compris la lutte œdipienne entre les deux personnages de Méchante. Tout cela n'est sans aucun enjeu. C'est une suite de sketches qui émet des signes de pop culture un peu de manière un peu anarchique, et désordonnée. Il donne assez peu à penser. Je ne le trouve pas du tout intéressant."

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix