« Ce film est interdit aux plus de seize ans (…) Souvenez-vous que vous avez eu cinq ans » A deux reprises dans une intervention très brève, le producteur-réalisateur Luc Besson aura mis deux fois en garde le public présent à l’avant-première ce matin même de son nouveau film, « Arthur et la vengeance de Maltazard » (sortie en salles : 2 décembre). Il est touchant, Besson ! Il nous prend pour des benêts, mais il est touchant dans sa fausse naïveté… Cependant, est-ce parce qu’on s’adresse à un public de cinq ans qu’il faut à ce point le mal traiter ? Qu’avons-nous vu ce matin dans cette grande salle des Champs Elysées ? Une copie à l‘identique du premier « Arthur », la surprise de la découverte en moins. Ce qui ne fait pas grand-chose au bout du compte. Car de scénario, point ou si peu. Un exemple parmi d’autres de cette paresse scénaristique qui caractérise trop souvent le cinéma de Besson : on nous parle de la disparition d’un personnage féminin et hop, long flash back pour nous raconter in extenso la journée dudit personnage. C’est ce qu’on appelle pisser de la copie ou faire du remplissage. Avec en prime, une très intéressante description d’une journée type d’une jeune fille : toilette, soin du visage et du corps, chant, etc. Une fille quoi !!! Et si à cinq ans, on valait mieux que ça ? Et si Besson respectait un peu plus son public en ne lui faisant pas le coup franchement détestable du « A suivre » qui termine ce film ? Tout ça pour ça ? Oui, évidemment, puisque Besson avec un scénario faiblard a le culot de faire deux films ! Il lui suffisait de n’en faire qu’un et d’arrêter de faire durer un plaisir qui du coup n’existe pas.Un mot pour conclure avec l’épatant dossier de presse du film qui, outre les traditionnels entretiens complaisants (mais c’est la loi du genre…), contient huit pages finales encore plus épatantes : deux pages pour la BNP Paribas le financeur de Besson, deux pages sur la promo du film au Futuroscope, deux pages sur le jeu vidéo du film, deux pages sur les 5 livres dérivés (un « pour les tout-petits », un « pour les 3 à 5 ans », un pour les « 6 à 8 ans », une BD et un roman-illustré !!!.. il est beau mon produit, il est beau … !). Côté marketing, c’est vraiment pas le boulot d’un enfant de cinq ans né de de la dernière pluie…Alors quoi ? Alors hier soir, j’ai revu « A l’origine » de Xavier Giannoli qui était en compétition à Cannes. J’ai dit à l’époque (post du 21 mai 2009) tout le bien que je pense de ce film superbe et envoûtant et je le redirai le moment venu, soit à sa sortie en salles le 11 novembre prochain (qu’on se le dise !). Et c’est un film produit en partie par… Luc Besson et distribué par sa société. Ainsi vont les producteurs… Et si Besson devenait aussi exigeant avec lui-même qu’il le fut sans nul doute avec Xavier Giannoli ? Pour le plus grand bien des enfants de cinq ans et pour les adultes aussi.Ah ! ça ira !La phrase du soir ?« Je fis cette nuit le vœu de ne point me coucher. »Mathurin Régnier, « Satires »

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