Dans trois jours exactement, vous pourrez quand vous le croiserez dans votre cage d’escalier par exemple, souhaiter un excellent anniversaire à Clint Eastwood qui fête donc le 31 mai 2010 ses … 80 ans ! La vie est injuste comme le disait récemment, à Cannes, Manoel de Oliveira à coté de qui Clint est un petit jeunot. On pourra toujours en déduire que le cinéma conserve mieux que n’importe quel alcool ! Du coup les livres consacrés au réalisateur de « Gran Torino » se multiplient en ce moment. Nous avons ainsi reçu dans l’émission, avant la parenthèse cannoise, Patrick Brion auteur d’une somme sur Eastwood et dont il vient de publier une nouvelle mouture incluant même « Invictus ». Et je viens de recevoir « Clint Eastwood, 100 photos pour le comprendre ». Que les choses soient claires, il est l’œuvre du journaliste Samuel Douhaire qui se trouve être le co-auteur d’un livre que j’ai publié il a ya quelques mois chez Grund sur les « 100 premières fois de l’HIstoire du cinéma ». Pendant toute une période, « Le Nouvel Obs » recensait les livres de ses collaborateurs sous le titre aussi explicite qu’amusant de « Spécial copinage ». Mais, dans le cas présent, cette précision sera inutile : Samuel et moi, nous ne nous sommes jamais rencontrés, y compris depuis la parution de ce livre commun ! Bref, je me sens totalement libre de vous dire tout le bien que je pense de cette contribution originale à l’anniversaire suscité. De 1930 où l’on découvre un Eastwood en poupon plutôt hilare jusqu’à 2010 avec une photo du tournage parisien de son prochain film « Hereafter », en passant par la case 1986, année de son élection comme maire de la ville de Carmel, affiches électorales à l’appui… Et n’allez surtout pas me demander à moi « Pourquoi 100 photos, ni plus , ni moins ? » Disons quie ce chiffre tout rond permet déjà une belle chevauchée illustrée de la carrière de l’acteur et du cinéaste. Tout en observant une stricte montée chronologique, Douhaire multiplie les angles d’attaque : à chacune des 100 photos, un commentaire avisé qui la prolonge et la replace à l’intérieur d’une destinée cinématographique des plus singulières. Qu’il en soit l’acteur et/ou le réalisateur, les films d’Eastwood se taillent évidemment la part du lion dans cette approche qui entend fort heureusement privilégier une analyse artistique. Sans s’interdire pourtant quelques rares incursions dans la vie privée-publique de l’acteur avec, par exemple, pour l’année 1996 sa rencontre avec la journaliste Dina Ruiz qui devient son épouse. Mais ce que l’on retient essentiellement ici, c’est la grande cohérence d’une carrière trop souvent présentée comme erratique et surtout inégale. En feuilletant avec attention cet album d’une vie, on y (re)découvre les thématiques, les obsessions et autres constantes qui font la marque des grands. C’est tout le mérite de cette nouvelle collection publiée par « L’Editeur » : refonder le fil d’une vie à travers cette mémoire photographique qui nous est forcément commune. Que « l’oncle Clint » l’inaugure, quoi de plus naturel, lui qui incarne désormais le chaînon faussement manquant entre un cinéma hollywoodien de divertissement et un cinéma américain d’auteur. Samuel Douhaire cultive l’art d’aimer Eastwood avec un vrai talent.

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