"Comme des rois" est le troisième film de l’écrivain Xabi Molia (auteur de "Fourbi" et "Reprise des hostilités"), avec Kad Merad, Kacey Muttet Klein, Sylvie Testud. Qu'ont pensé les critiques du "Masque et la Plume" de cette fable sociale ?

"Comme des rois" de Xabi Molia, avec Kacey Mottet Klein et Kad Mérad, dans les salles françaises depuis le 2 mai 2018
"Comme des rois" de Xabi Molia, avec Kacey Mottet Klein et Kad Mérad, dans les salles françaises depuis le 2 mai 2018 © Haut et Court

Kad Merad y est Joseph, le roi de l’escroquerie, qui est menacé  d’être expulsé de son appartement. Il enseigne à son fils Micka (Kacey Muttet Klein), qui rêve de devenir comédien, l’arnaque au porte-à-porte. Ou comment, par exemple, refourguer du pinard trafiqué à des mères au foyer. 

Xavier Leherpeur : "une vraie tendresse pour ce film"

J'aime beaucoup le film. C'est un peu tous les thèmes que Xabi Molia a mise en place dès son premier film, Huit fois debout, et qu'il a poursuivi avec Les Conquérants. Il y a toujours cette idée du déterminisme, comment s'affranchir de la logique parentale, comment essayer de tracer sa voie, comment essayer de retrouver la fiction des gens qu'on a aimé... Tous les sujets sont là dans une fiction souvent drôle, très à l'anglaise, qui a une élégance, une finesse, une délicatesse...

Effectivement, ce n'est pas extraordinaire en terme de mise en scène mais c'est toujours à la bonne distance des personnages. J'ai trouvé ça très touchant. Il y a des petites histoires délicieuses. 

Xavier Leherpeur : "Sans lourdeur et sans pesanteur, Xabi Molia dessine assez joliment une classe de gens laissés pour compte dont essaie de s'affranchir le personnage du fils (Kacey Muttet Klein)"
Xavier Leherpeur : "Sans lourdeur et sans pesanteur, Xabi Molia dessine assez joliment une classe de gens laissés pour compte dont essaie de s'affranchir le personnage du fils (Kacey Muttet Klein)" / Haut et Court

Pierre Murat : "un peu mou"

J'aime bien ce cinéaste, surtout son premier film Huit fois debout... Là je trouve ça un tout petit peu mou.

Le grand problème, c'est que ça me rappelle beaucoup un film de Costa Cavras, Conseil de famille, qui était absolument la même histoire, avec Johnny Hallyday qui jouait le rôle de Kad Mérad, en quelque sorte, et qui forçait sa progéniture à faire des escroqueries...

Il faut qu'il y ait un peu de panache, pour qu'on prenne un peu parti pour les escrocs contre leurs victimes... et je n'ai pas réussi à le trouver dans ce film-là.

Charlotte Lipinska : "quelque chose de doux-amer assez réjouissant"

Le film doit beaucoup au duo Kad Mérad / Kacey Muttet Klein. Dans ce duo père/fils aux responsabilités inversées (puisque c'est plutôt le fils qui essaie d'empêcher son père de faire des conneries), les deux sont absolument formidables

Après je trouve qu'il y a quelque chose de doux-amer assez réjouissant mais à l'arrivée c'est un peu convenu quand même. On passe un très joli moment.... sans être bouleversé outre mesure.

Charlotte Lipinska : "Le plaisir que j'ai eu dans "Comme des rois" a été de voir cette alchimie entre ces deux acteurs, Kad Mérad et Kacey Mottet Klein, qui marchait vraiment bien". / Haut et Court
Charlotte Lipinska : "Le plaisir que j'ai eu dans "Comme des rois" a été de voir cette alchimie entre ces deux acteurs, Kad Mérad et Kacey Mottet Klein, qui marchait vraiment bien". / Haut et Court / Haut et Court

Danièle Heymann : "il y a une vraie tendresse pour ces personnages"

Ce que j'aime chez ce cinéaste, c'est les "beautiful loser" : les laissés pour compte mais qui, d'une façon ou d'une autre, ont une fantaisie de la vie qui ressort et qui les sort de leur boue et de leurs soucis. 

J’adore Kacey Muttet Klein depuis l'enfance, c'est un acteur magnifique. Kad Mérad se régale, il aime le personnage qu'il joue et ça, c'est toujours délicieux. 

Ecoutez

Ecoutez toutes les critiques échangées autour de Jérôme Garcin sur Comme des rois par les critiques du Masque :

5 min

"Comme des rois" de Xabi Molia : les critiques du Masque et la Plume

Aller plus loin

Chaque dimanche à 20h, retrouvez les critiques du Masque et la Plume réunis autour de Jérôme Garcin pour parler cinéma, théâtre ou littérature.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.