Un film de Bruno Podalydès avec Bruno Podalydès , Sandrine Kiberlain , Agnès Jaoui , Vimala Pons , Denis Podalydès ...

Michel, la cinquantaine, est infographiste. Passionné par l'aéropostale, il se rêve en Jean Mermoz quand il prend son scooter. Et pourtant, lui‐même n’a jamais piloté d’avion…

Un jour, Michel tombe en arrêt devant des photos de kayak : on dirait le fuselage d’un avion. C'est le coup de foudre. En cachette de sa femme, il achète un kayak à monter soi‐même et tout le matériel qui va avec. Michel pagaie des heures sur son toit, rêve de grandes traversées en solitaire mais ne se décide pas à le mettre à l'eau. Rachelle découvre tout son attirail et le pousse alors à larguer les amarres. Michel part enfin sur une jolie rivière inconnue. Il fait une première escale et découvre une guinguette installée le long de la rive. C’est ainsi qu’il fait la connaissance de la patronne Laetitia, de la jeune serveuse Mila, et de leurs clients ‐ dont la principale occupation est de bricoler sous les arbres et boire de l’absinthe.

Michel sympathise avec tout ce petit monde, installe sa tente pour une nuit près de la buvette et, le lendemain, a finalement beaucoup de mal à quitter les lieux…

Bruno Podalydès vu par ses comédiennes

Sandrine Kiberlain "Nous sommes nés au même moment, lui avec Versailles Rive-Gauche et moi avec Comment font les gens ?, de Pascale Bailly, et j’ai le sentiment que nos chemins n’ont cessé, depuis, d’évoluer en parallèle. Nous avons tous les deux travaillé avec Alain Resnais, par exemple. Cela a-t-il joué dans le fait qu’il me propose son film ? Bruno a tout de même choisi trois actrices qui ont tourné avec lui ! Pour avoir apprécié son travail sur "Vous n’avez encore rien vu" et aimer son cinéma, je pressentais que cela collerait entre nous. "

Tout comme dans "Neuf mois ferme" Sandrine Kiberlain donne la réplique à son metteur en scène."C’était sans doute très lourd. Bruno est de tous les plans et on ne se figure à quel point les scènes en kayak étaient physiques. Il lui fallait, dans le même temps, jongler avec les courants de la rivière qui n’allaient pas forcément dans le sens de mise en scène qu’il souhaitait. La météo ne s’est pas montrée favorable. Mais tout a toujours l’air simple et léger avec Bruno. On sentait qu’il était heureux.""Il me donnait l’impression de tourner comme s’il allait faire son marché ; avec une grande nonchalance. En fait, tout est déjà minutieusement préparé. Tout est écrit mais on invente ensemble. Certaines scènes, celle de la salle de bains, notamment, se sont carrément chorégraphiées au fur et à mesure qu’on les tournait. Bruno est très attaché à son équipe, toujours la même de film en film. Il travaille avec elle, au milieu d’elle. C’est très touchant de voir un metteur en scène touché par l’énergie que chacun met pour aller dans son sens. "

Sandrine Kiberalain et Bruno Podalydès
Sandrine Kiberalain et Bruno Podalydès © Why-Not-Productions / Anne-Françoise Brillot

Agnès Jaoui Elle est scénariste, comédienne et cinéaste, comme Bruno Podalydès. Comment travaille-t-on avec une sorte d’alter ego ?"C’est un peu comme des vacances très privilégiées. Je suis là pour jouer, je m’en fais une joie, et respecte évidemment les choix du réalisateur ou de la réalisatrice. C’est lui, ou elle , le capitaine. Je suis solidaire.Je connaissais le cinéma de Bruno et me sentais une complicité artistique avec lui. Elle s’est confirmée sur le plateau. C’était la première fois que je tournais avec un metteur en scène qui joue dans son film comme je le fais moi-même dans les miens. Comme un avion m’afait comprendre ce que des comédiens pouvaient ressentir avec moi. J’ai adoré l’expériencequi était d’autant plus particulière que nous avions beaucoup de scènes ensemble. ""Bruno a un rapport très particulier au temps. C’est comme s’il était imperméable au stress et à la pression particulière d’un tournage. Sur le film de Bruno, j’ai commencé par me sentir perdue, j’avais la sensation de mouliner dans le vide. Je pensais : « Mais ils sont fous ? Ils n’ont pas de pendule ? ». J’étais persuadée qu’on n’y arriverait pas. Et puis, un jour, j’ai décidé de me laisser porter par ce rythme, d’écarter mes peurs et de déposer mes armes. A partir de là, le tournage est devenu merveilleux. Je suis rentrée dans un autre espace-temps. J’ai eu l’impression de faire l’école buissonnière, il y a longtemps que je n’avais pas autant ri sur un plateau .""Bruno fait un nombre incalculable de prises. Cela participe à cette sensation de non temps que l’on ressentait. Comme toute l’équipe suit, qu’on est tous dans un grand plaisir, c’est extrêmement agréable. Moi qui ne vais jamais au combo d’habitude, j’y courais avec lui. Se dirigeant lui-même, Bruno avait besoin de se voir à l’écran. J’ai retrouvé cette sensation que j’éprouvais sur les films d’Alain Resnais : l’impression de faire le film ensemble, avec un maître à bord incontestable, mais sans jamais se sentir forcé, volé ou abusé. "

Vimala Pons, Bruno Podalydès et Agnès Jaoui
Vimala Pons, Bruno Podalydès et Agnès Jaoui © Why-Not-Productions / Anne-Françoise Brillot

Vimala Pons C'est la cinquième fois qu'elle travaille avec Bruno Podalydès. Quel metterur en scène est-il ?"Sur "J’aurais pû etre une pute", c’était la première fois que Bruno était comédien sur un autre film que le sien. Certaines choses lui ont plu, d’autres l’ont bloqué et je l’entends encore me dire : « Je comprends maintenant pourquoi certaines indications paraissent incompréhensibles, pourquoi il arrive qu’on puisse se bloquer, il faudra que je m’en souvienne quand je tournerai.» C’était déjà un formidable directeur d’acteur, mais le fait qu’il joue de plus en plus chez les autres l’a rendu encore plus attentif : après une prise, il ne dit jamais « C’est bien » ou « Ce n’est pas bien » ou « Fais plutôt ça ». Lui, c’est : « OK, cette prise, on l’a ; maintenant que tu as fait ça, on va essayer d’aller dans cette direction. » Il n’est jamais question de refaire. Cela peut paraitre anecdotique, mais c’est capital. On ne perd jamais confiance : prise après prise, et il en fait beaucoup, il nous donne le sentiment de construire, sans jamais perdre son but de vue. "

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