Ce soir, à la séance de 22 heures, au cinéma « Aquaboulevard » de Paris, j’ai vu le film de Francis Huster avec Jean-Paul Belmondo, « Un homme et son chien ». Nous étions deux dans la salle.Je suis sorti furieux. Parce que c’est un mauvais film, un très mauvais film.Qu’Huster prétende s’être inspiré du mélo de Vittorio de Sica, « Umberto D. », peu importe. Cette prétention est pathétique, mais peu importe.Que Belmondo apparaisse tel que la maladie l’a profondément diminué, c’est son affaire à lui. C’est sa liberté. La notre est de garder de lui les images des films de Melville, Truffaut, Resnais ou Godard.Que le scénario soit truffé d’erreurs et d’invraisemblances, c’est au fond plus grave, puisque cela relève de l’incompétence et du travail mal fait.Que durant toute une longue scène le personnage qu’incarne Belmondo confie son chien en pension, contre argent comptant, à un couple qui accepte cette garde, c’est sans intérêt, mais c’est la liberté du scénariste. Que ce dernier méprise assez son futur spectateur pour que dans la scène suivante et sans l’once d’une explication de ce revirement, Belmondo se ballade avec ledit chien, me laisse pantois.Qu’Huster, ,toujours lui évidemment, marche sur les brisées de son maître Lelouch pour bâtir un casting où le moindre sixième rôle est joué par une « star-amie », c’est à la fois désolant et calamiteux. Et quoi de plus normal que le film se transforme alors en un vaste quizz du genre : « Non, mais t’as vu là le plombier, c’est Jean Dujardin » « Et là, le type dans le bus, c’est José Garcia » « T’as reconnu Rachida Brakni, c’est elle qui conduit la voiture ? » Non, si ! etcQue le même Huster fasse ainsi défiler, aux côtés de Belmondo et dans des petits rôles écrits sur un bout de table au service de dialogues indigents, certains acteurs qui furent jadis ses partenaires dans d’autres films est à mettre au rayon des blagues idiotes de potaches.Mais quand Emmanuelle Riva retrouve Belmondo dans une église et qu’il faut évidemment y voir une allusion éléphantesque et pitoyable au film de Jean-Pierre Melville « Léon Morin, prêtre », tout cela tourne à la mauvaise farce.Si le film de Francis Huster est si profondément déplaisant, c’est qu’il joue avec une nostalgie mortifère et délétère, comme un vulgaire produit marketing fondé sur l’éventuel goût du public pour retrouver ce qui n’est plus. Mieux vaut alors l’oublier.La phrase du jour ? « Michel Legrand n’est pas un compositeur, mais une fontaine à musique. » Jacques Demy

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