Docufiction Maintenant que le Festival de Cannes 2008 est terminé, je peux souffler. Quinze jours de folie furieuse. Je suis épuisé. J’ai la tête farcie d’images et de sons. Et puis cette Palme d’Or, ce palmarès, cette soirée de clôture, mais vous connaissez déjà tout ça. J’ai bien aimé hier soir « Le Masque et la Plume », Garcin était en forme pour une fin de festival. Dire que toute cette incroyable et même parfois ténébreuse histoire a commencé le 23 avril dernier… 1. Comment j’ai raté la conférence de presse (…ma vie textuelle) J’avais passé une nuit abominable. La perspective de la Conférence de presse de la nouvelle édition du Festival de Cannes en était l’unique cause : y-aurait-il ou non un film suédois en compétition ? Ma voisine de palier n’arrêtait pas de m’en parler . Normal, elle est Suédoise, roule en 2CV et cinéphile (qui a dit « Cherchez l’intrus » ?). Seulement voilà, ce matin mon réveil n’a pas sonné. A sept heures, il a fait le mort. Je me suis réveillé trois heures après, alors que Nicolas (Demorand) était déjà parti se recoucher. La veille, j’avais lu son portrait dans « Libération ». C’est là que j’ai appris que Nicolas et moi, outre le fait de travailler tous les deux à France Inter , on a Bourg-la-Reine en commun. C’est énorme, non ? Son père a failli être épicier à Bourg-la-Reine (dans le 9-2). Comme Monsieur Roger : Monsieur Roger c’était l‘épicier fin de Bourg-la-Reine (comment dire autrement pour un type qui tient un épicerie fine ?), toujours en blouse blanche impeccable, on se serait cru dans une épicerie monégasque. D’ailleurs c’était quand même Bourg-la-Reine… Moi, j’y suis né. Comme Alain Delon. Si. Demorand, Delon, Delmas. Les 3D de Bourg-la-Reine. Ca nous ramène au cinéma et à Cannes. J’ai donc loupé la conférence de presse. Et pourtant, je l’avais préparé ma question à Thierry Frémeaux le cas échéant : « Mais enfin, monsieur le Délégué général, pouvez-nous nous expliquer l’absence de la cinématographie suédoise dans la sélection officielle ? ». C’est Maria (ma voisine) qui allait être rudement déçue. Mais, chut, l'histoire me démentira... Heureusement Internet est là (c’est abyssal d’écrire « Internet est là » quand on est dedans… vous me suivez ?). Bref, je suis allé sur le site du Festival récupérer le « Dossier de presse 2008 », the « Press Kit 2008 », si vous préférez. Parce que j’aime le suspense, j’ai commencé par le moins important : le Jury. On connaissait déjà le Président Penn. On savait désormais qui l’entourerait. Celui dont la présence m’a fait le plus plaisir, c’est APICHATPONG WEERASETHAKUL. J’ai mis deux ans à savoir prononcer correctement son nom puis six mois à l’écrire sans erreur. Comme FLORIAN HENCKEL VON DONNERSMARK, le réalisateur de « La Vie des autres » FI (Film Inter, mieux vaut vous y faire à chaque fois qu’il sera question d’un film Inter, son titre sera suivi de la mention FI, c’est comme sur les cartes de visite d’un architecte, c’est marqué « DPLG », personne ne sait ce que cela veut dire mais c’est tout de suite clair). Sérieusement, A.W., c’est un immense cinéaste : promis, je vous en reparlerai. D’ici là, entraînez-vous à dire son nom sans l’écorcher. Merci. J’ai pensé une chose idiote : ce n’est pas un jury de rigolos. Tant mieux, ce n’est pas le carnaval de Cannes. C’est vrai que côté glamour, le jury de la Cinéfondation faisait plus fort : Hou Hsiao Hsien + Marina Hands +Olivier Assayas. C’est le Jury de l’Empire du Milieu que dirige Paccale Ferran et sa bande des 13 (merci Balzac : tant que le cinéma français aura des lettres tout ira bien) ! Et puis tout en bas de la liste, comme exilé en Flandres, j’ai découvert le nom de Bruno Dumont pour présider la Caméra d’or, autrement dit pour récompenser un premier film. C’est un choix d’une sagesse absolue. Un type qui a réalisé « L’Humanité » ne peut qu’avoir l’oreille et le regard absolus. Etre adoubé par Dumont, c’est comme passer dans une autre dimension. Et pendant ce temps-là, à quel score en étaient les Ch’tis ?

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.