La bande originale du film de Claude Pinoteau qui allait révéler Sophie Marceau aurait dû être réalisée par Michel Polnareff, mais ce dernier s'étant exilé aux Etats-Unis, le producteur Alain Poiré fait appel en catastrophe à Vladimir Cosma. Le compositeur a raconté cette histoire à Rebecca Manzoni dans Pop N'Co

Alexandre Sterling et Sophie Marceau
Alexandre Sterling et Sophie Marceau © Gaumont International

Dans le bureau de Vladimir Cosma, il y a des cahiers dans lesquels il note des idées de mélodies depuis toujours. L'histoire de Reality commence là, sur les pages d'un de ces cahiers. Quelques notes de musique.

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Les premières notes de "Reality" par Vladimir Cosma

Par France Inter

Mais dans un premier temps, le compositeur doit faire face à des interlocuteurs peu convaincus.

Ils trouvaient que c'était trop long et qu'il fallait que je commence directement avec le thème principal, ce que je ne voulais pas.

Et Vladimir Cosma tient bon. "Ce thème, explique-t-il, c'est l'aboutissement de toute une préparation émotionnelle, impulsée par l'introduction pour arriver à l'explosion de ce refrain."

Les influences

Amateur de musique classique et de jazz, peu familiarisé avec la musique pop et ne fréquentant pas les boites de nuit, c'est ailleurs que Vladimir Cosma doit chercher l'inspiration.

Je me suis mis à décortiquer tous les grands slows des 20 dernières années, de la même manière qu'on travaille quand on étudie une symphonie de Beethoven au Conservatoire.

Pas question de copier, mais de comprendre comment est construite la chanson. Son tempo, sa mécanique. Et parmi les slows qu'il a ainsi décortiqués, il y avait Honesty de Billy Joël.

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Jusqu'au titre, Reality, qui n'a pas été choisi au hasard. Vladimir Cosma a demandé au parolier de trouver un titre ayant la même force et la même résonance que celui de la chanson de Billy Joel.

En écoutant ces slows, le compositeur remarque qu'ils sont quasiment tous interprétés par des hommes. Ce qui l'arrange puisque dans son esprit, ce morceau devant représenter le petit ami de l'héroïne, il a imaginé la chanson interprétée par un homme. Il se met donc à la recherche d'un chanteur "Bon Chic Bon Genre" pour coller à l'atmosphère et à la couleur du film.

Il faudra presque un an pour trouver la perle rare. Il faut dire que Vladimir Cosma a des critères très personnels :

Je voulais un chanteur qui n'ait pas trop de voix et qui ne fasse pas crooner. Parce que ma chanson est très classique dans sa forme et je ne voulais pas que l'interprète lui donne encore plus un côté rétro. 

"Je voulais une voix droite comme un instrument, un peu impersonnelle, comme un mauvais chanteur", ajout-t-il en plaisantant.

La chanson est un carton dès sa diffusion... mais avant qu'une radio ne se décide à la diffuser, il faudra encore un petit coup de pouce du destin. Vladimir Cosma est ami avec l'assistante de Michel Drucker. Leur origine roumaine commune a créé des liens fraternels. Il lui confie son désarroi de ne pas réussir à faire jouer sa chanson à la radio.

Finalement, Michel Drucker invite Vladimir Cosma dans son émission de radio. Il en profite pour diffuser Reality et le standard explose. Les stocks du 45 tours sont rapidement épuisés, au point qu'il s'en vend aux puces au prix de 50 francs.

Reality, slow de La Boum est un carton en novembre, avant même que La Boum ne sorte sur les écrans pour le Noël de l'année 1980.

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