Un film de Coppola en 2009 à la Quinzaine des Réalisateurs, c’est un peu comme si on exposait La Joconde au Musée de Lodève (qui est un superbe musée d’ailleurs). Mais, c’est le réalisateur du « Parrain » lui-même qui a jugé que cette sélection dite parallèle lui suffisait amplement. Il le répète sur la terrasse d’un palace cannois, panama sur la tête pour se protéger lui et sa pilosité faciale flamboyante des ardeurs d’un soleil presque estival et chemise jaune en relation étroite avec ledit soleil. Rencontrer Coppola… L’usine à entretiens groupés qu’est le Festival de Cannes tue quelque peu l’attrait d’une telle perspective. Lui-même nous a trouvés d’ailleurs bien trop nombreux face à lui ! On se prenait à écourter ou quasiment, pour se venger une autre fois avec une véritable rencontre en face à face cette fois. Son nouveau film dérange, c’est le moins que l’on puisse dire. Du moins il dérange les amoureux des étiquettes, classements et autres tiroirs fermés une bonne fois pour toutes. Désormais, Coppola fait des films d’auteur comme on les définit en France avec notamment un scénario de sa main ce qui n’est arrivé que cinq fois au cours de sa longue carrière. Et même pas un film hollywoodien. Car « Tetro » est un film de nationalité argentine, c’est ainsi.C’est aussi le film d’un patriarche à la tête d’une famille où, Roman et Sofia en tête, on est artiste. Œdipe plus le jeu de l’égo, chez les Coppola, on cumule. C’est, transformé en fiction, le propos du film de Coppola. Autant dire, un film reflet, un film miroir totalement passionnant pour qui veut bien attendre de Coppola de se comporter en artiste qui doute, qui cherche et passe par le noir et blanc pour plonger dans les nœuds familiaux et autres complexités intimes. Coup d’essai non évidemment, coup de maître assurément.Pour l’instant, mais l’utilité de Cannes peut se révéler de cette façon, le film n’a pas de distributeur en France et … aux Etats-Unis notamment. Comme quoi, « avoir la carte » est finalement tout relatif pour celle ou celui qui veut prendre des risques. Situation ubuesque mais qui donne bien la mesure d’une industrie qui vénère ses plus grands couturiers à condition qu’ils fassent toujours les mêmes robes. Coppola s’entête une nouvelle fois et il a bien raison !La phrase du jour ?« Faut que le beurre soit à la bonne température. La baguette, le couteau, pas trop mince, mais pas trop épais. La mie fraîche, pas trop…Ah ! C’est tout un art ! Moi, mon satori, c’est ça !Le zen dans l’art de la tartine. »Gorodish, alias Richard Bohringer, dans « Diva » de Jean-Jacques Beineix

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